Histoire de « craving » : beignes et poubelle.

Crédit photo: Mariamichelle/Pixabay Histoire de « craving » : beignes et poubelle.

Je fais mon coming out : je suis enceinte de mon deuxième enfant. Lors de ma première grossesse, il m’était déjà arrivé d’avoir des envies folles de nourriture, des cravings, mais je n’étais jamais descendue aussi bas que cette fois-là.

25 juillet, Noël des campeurs. Chaque année, tradition oblige, nous « célébrons » avec ma belle-famille. Accès à la piscine, à la rivière, des amis partout; c’est vraiment le paradis des enfants! On se baigne, on boit (pas moi, là), on épluche du blé d’Inde, mange des hot-dogs... Vive l’été!

Vers 17 h arrive le point culminant de la journée : le passage du camion de pâtisseries. Une fois par année, on se permet une gâterie en achetant une boîte de beignes.

Pas n’importe lesquels.   

Des beignes fourrés à la crème, communément appelés « chômeurs », tout droit sortis du four. Tellement moelleux, tellement frais que c’en est péché. Huit beignes juste pour nous!

Deux jours plus tard, je suis seule avec mon fils que je viens de coucher pour la sieste. J’hésite entre écouter un épisode de Scandal ou me coucher, moi aussi. Il faut dire que je viens de me taper une ride de poussette de 90 minutes en pleine canicule pour aller acheter un pied de céleri. J’avais VRAIMENT le goût de manger un riz frit aux légumes, t'sais.

Puis, me vient une envie viscérale : manger un chômeur. Je cherche dans la cuisine, dans le garde-manger, le frigo. Nulle part.

LA POUBELLE.

Ils sont là. Mes quatre amours dans leur p’tite boîte transparente. « Marie, sauve-nous! », qu’ils me disent, avec leur p’tite voix de beignes. Je prie pour que personne ne me voie. J'insère mon bras jusqu’au coude dans la poubelle, sous les feuilles de céleri et les épluchures de carottes (ben non, je ne composte pas).

Je prends une première bouchée. Décevant. Ils ne sont plus très frais. Mon chum avait eu raison de les jeter, mais je DOIS assouvir cette rage de sucre! Je mords dans le beigne jusqu’à la crème, je recrache la pâte pas fraîche. En deux bouchées, j’ai englouti toute la garniture. J'ai de la crème sur le nez, j’ai la bouche pleine, je me dépêche pour ne pas me faire prendre. Je jette le reste du beigne pas frais. Je plonge la main dans la poubelle encore.

Et je recommence.

Trois fois.

Avez-vous déjà eu des cravings incontrôlables de femme enceinte?

Psssttt ! Envoie-ça à ton ami!

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