J'avais un chien avant d'avoir un enfant et je ne m'en débarrasserais pour rien au monde : c'est une grosse peluche excessivement aimante. C'est aussi une créature qu'il est fort pratique d'avoir chez soi quand on a un bambin, pour plein de raisons. Les voici, dans le désordre.

1. Mon enfant a le choix de manger sur le plateau de sa chaise haute ou sur le plancher autour de sa chaise haute. C'est propre à ce point. D'ailleurs, quand je suis chez des gens qui n'ont pas de chien et que mon bambin laisse tomber de la bouffe comme les enfants ont parfois tendance à le faire, je la regarde un moment, un peu ahurie qu'elle ne disparaisse pas instantanément.

2. J'adore les oncles, tantes et grands-parents de mon enfant, mais je trouve qu'ils ne minent pas suffisamment mon autorité parentale. Là, j'ai constamment une créature qui vient tenir compagnie à mon bambin quand il est au coin pour une raison ou une autre. D'ailleurs, quand le chien est envoyé sur son coussin parce qu'il a bouffé le beurre mou (wtf Godot), il n'y va jamais seul #touspourun.

3. On dit que l'amour d'un parent est inconditionnel. C'est vrai, mais la patience d'un parent, elle, est conditionnelle à beaucoup de choses (sa journée, la quantité de bêtises effectuées dans l'heure précédente, son degré de gin tonic caféine dans le sang) et ça rend l'amour inconditionnel moins... visible par moments. Dans la catégorie loyauté constante et amour inconditionnel, le chien sort clairement gagnant et est un consolateur parfait quand un parent s'énerve.

4. On économise vraiment beaucoup de place en doudous, toutous et autres objets doux et poilus du genre. Quand il y a déjà une méga-peluche vivante à la maison, le bambin se tape des possibles succédanés. Mon fils n'a jamais compris l'intérêt des peluches.

5. Mon bambin ne devrait pas avoir peur des chiens dans sa vie. En fait, le problème est inverse, je lui explique constamment que tous les chiens ne sont pas son chien, qu'on réagit avec beaucoup plus de prudence avec un chien inconnu. Ça lui permet d'apprendre, justement, à décoder le comportement canin, à savoir quand un chien veut jouer ou quand il est nerveux.

6. Ça donne des scènes qui font clairement exploser le cute-o-mètre. Quand son chien boite, mon fils lui fait un bisou à la patte (bye-bye bobo). Depuis qu'il réussit à atteindre les biscuits dans le garde-manger, il gâte son chien à toute heure du jour (pour peu qu'on ne s'en aperçoive pas).

Crédit : Katia Belkhodja

7. Il apprend à s'occuper d'un animal, à voir la vulnérabilité même dans notre grosse bête de 100 livres. Quand je lui explique que Godot ne peut pas sortir tout seul, que les voitures lui feraient bobo, il dit : oui, parce qu'il ne parle pas, c'est moi qui lui parle. Ça me fait un peu beaucoup fondre.

8. Les chiens, ça a ça de commun avec les humains : ça meure. Après beaucoup, beaucoup, beaucoup de jeux dans la cour, de câlins, de coups de langue, de bêtises communes et de punitions partagées, Godot le chien partira comme Godot le personnage n'est jamais venu. Je me dis que ce sera son dernier cadeau à l'enfant : lui apprendre ce qu'est la mort. Parce que savoir faire ses deuils, c'est ce que l'école appellerait une compétence essentielle, dans la vie.

Bien sûr, c'est à prendre avec un grain de sel comme liste : vous savez déjà qu'un chien est une immense responsabilité, que c'est un être vivant avec des besoins et qu'il perd tellement plus de poils qu'il ne nettoie de bouffe. Mais la multiplication des créatures, c'est aussi tellement, tellement d'amour.

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