À Bonaventure, en Gaspésie, il y a un théâtre familial au bord de la mer, à l’intérieur même du camping municipal. Chaque année, le Théâtre de la Petite Marée offre aux enfants et à leurs parents des créations originales d'auteurs québécois qui sont parfois des adaptations de classiques de la littérature. Je suis allée voir Mon Petit Prince, une pièce qui sera jouée jusqu’au 19 août, créée en collaboration avec le Théâtre du Gros Mécano.
 
Encore une adaptation du Petit Prince? Après le film de Mark Osborne sorti cet hiver, je me demandais ce qu’on pouvait encore faire dire à cette œuvre. Faut croire qu’elle est assez riche : personne ne se répète! La version du Théâtre de la Petite Marée ne met même pas en scène le personnage du Petit Prince. On y retrouve cependant toute son essence, son message sur l’amour, sur l’amitié, sur la mort.

Crédit : Fleurdelise Dumais 

Le renard est devenu une renarde, les baobabs sont toujours aussi envahissants. Mais ce qu’on nous présente, c’est l’impact de l’histoire de St-Exupéry dans la vie de Claudelle, une enfant qui a perdu sa mère. En plus de vivre avec sa peine, elle doit composer avec celle de son père et les leçons de vie du Petit Prince lui permettront de passer à travers cette épreuve. 

 

Je me fais un devoir d’amener mes enfants le plus souvent possible dans des événements culturels. Je veux qu’ils soient exposés le plus tôt possible à la magie des histoires racontées, qu’ils soient conscients de l’importance des arts, qu’ils cultivent leur sensibilité. Et Mon Petit Prince, en plus de tout ça, leur permet d’entrer en contact avec une certaine poésie, celle du beau, du douloureux aussi. Visuellement, le spectacle est très beau, et le texte autant que la mise en scène donnent à voir des images assez fortes. Claudelle, le personnage central, collectionne dans des bocaux de verre des parfums, des moments, et ultimement, ce qu’elle cherche à attraper, c’est une chose devenue très rare : le rire de son père.  

 Une dispute entre une fille et son père. Claudelle a affirmé qu'elle ne lui parlerait «pu jamais».
Crédit : Fleurdelise Dumais

Ce qui est bien avec le bon théâtre familial, c’est que ça plaît aux grands autant qu’aux petits. Eh oui, je l’avoue, j’ai versé quelques larmes. Bon, il y a plus difficile à faire pleurer qu’une mère devant une histoire d’enfant triste. Mais je ne suis pas la seule à avoir apprécié ma soirée. J’ai recueilli les commentaires d’un frère et de sa soeur qui ont assisté à la représentation. Lalou (11 ans) a dit que « les personnages étaient captivants » et selon Marius (13 ans), « ça aborde plusieurs thèmes que les adultes et les enfants peuvent comprendre à leur façon ».
 
La Gaspésie, c’est une belle destination vacances avec les enfants. Et si vous n’avez pas la chance de passer dans la Baie-des-Chaleurs cet été, des représentations sont prévues ailleurs au Québec en 2017.

Texte : Anne-Marie Olivier et Marie-Josée Bastien
Mise en scène : Marie-Josée Bastien
Au  Théâtre de la Petite Marée, 146 Rue Beaubassin, Bonaventure, QC
Jusqu'au 19 août 

 

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