L'accouchement : ce moment de grâce... genre

Crédit photo: Kelin/Pixabay L'accouchement : ce moment de grâce... genre

J’ai adoré accoucher! Oui, pendant la poussée, à un moment, je me suis dit : « Il n’est pas question que je repasse par là un jour (insérer votre collection de jurons préférés ici) ». Mais a posteriori, c’était la plus belle et la plus grande expérience de ma vie!

Mon accouchement s’est bien déroulé. J’étais confiante et sereine (la plupart du temps). Mon chum s’est montré pleinement présent, parfois malhabile, mais solide, fier et aimant, et les sages-femmes n’étaient que douceur et réconfort discret. Si bien que j’ai fini par expulser, moins de six heures après être arrivée à la maison de naissance, un vigoureux, bruyant et gluant petit bout d’homme qui m’a virée à l’envers.

J’avais un peu l’impression que j’allais demeurer stoïque à sa sortie, que je ne ressentirais rien, on m’avait dit que c’était souvent laid, un bébé tout juste naissant… Mais non! Je le trouvais si beau! Mesdames et messieurs, ne sous-estimez jamais le pouvoir infini des hormones. L’ocytocine et l’endorphine dans le piton, j’avais réussi à accoucher, j’avais mon magnifique bébé dans les bras : j’étais en amour et j’étais invincible!


Crédit : Vitamin/Pixabay

Si bien que lorsque ma sage-femme m’a dit qu’il était temps de passer à la suture, je lui ai répondu : « Bring it on! » Mon chum en a profité pour visiter le corridor de la maison de naissance parce que c’était juste trop pour lui. J’étais étendue sur le lit, paisible, mon fils solidement accroché à mon mamelon. Et là, pendant que ma sage-femme, à la lumière d’une lampe d’appoint, m’expliquait ce qu’elle faisait et donnait des détails techniques à sa stagiaire, que la deuxième sage-femme complétait des notes tout en discutant avec sa propre stagiaire et que l’aide-natale me faisait couler un bain pour après « l’opération », je l’ai vécu, ce moment de parfait bonheur, de complète grâce. Je me sentais en unité avec le monde, au milieu de ces belles femmes toutes différentes, avec chacune leur vécu, toutes si bienveillantes. Je pensais à toutes celles qui étaient passées là avant moi, à mes grands-mères, à ma mère. J’étais en parfait accord avec ma propre féminité.

Et là, j’ai entendu ce qui ne s’invente pas. Ma sage-femme a demandé à sa collègue, en parlant de mon petit jardin plus si secret : « D’après toi, est-ce que ça va en haut ou en bas, ce morceau-là? »
 

 Crédit : Giphy

C’était tellement surréaliste que j’ai explosé de rire! Je me souviens avoir alors fait des blagues de haute couture jusqu’à ce qu’on me demande de me taire pour assurer la qualité de mes points (il ne faut jamais coudre quelqu’un qui rit, paraît-il…) Après, le dernier point, on m’a proposé d’observer le résultat avec un miroir! Sérieux!? Je commençais à débuzzer un peu et à me dire que j’allais avoir un pas pire champ de bataille down there alors j’aimais mieux ne pas regarder, t’sais…

Je pense que j’ai été un peu traumatisée, car ça m’a pris un bon mois avant d’oser regarder ou toucher ma vulve. Finalement, c’est tellement moins pire que ce que j'avais imaginé! En fait, je n’ai pas de souvenir si franc du portrait de mon intimité avant, mais la nouvelle image me convient.

Reste que je me rappelle davantage de mon moment d’extase que de la douleur ressentie et, grâce à cela notamment, j’ai hâte de revivre un accouchement!

 

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