Pour lire la première partie, c’est juste ici.

Après la douloureuse épreuve du ballonnet, je n’ai aucune difficulté à m’endormir le soir. Faire ma nuit au complet par contre… c’est une autre histoire! Ça fait qu’à 4 h du matin je réveille mon amoureux pour qu’on aille jouer à Mario Kart. Rien de mieux pour se changer les idées que de lancer une couple de coquilles rouges dans le dos de ton chum et l’entendre soupirer fort.

Vient évidemment le moment de quitter mon appartement. Je ne peux m’empêcher de verser une larme en pensant que la prochaine fois que je franchirai cette porte, nous serons quatre. La journée ne fait que commencer et je baye aux corneilles. On fait un stop au Tim Hortons parce que je veux un bagel nature bien cuit avec du beurre et du fromage à la crème, t’sais. Trop nerveuse, je mâchouille seulement une bouchée ou deux.

Arrivés à l’hôpital, mon amoureux va compléter mon inscription pendant qu’on m’amène à ma chambre et qu’on commence à m’installer. L’infirmière qui m’installe mon soluté me manque dans la main gauche et me pète une veine de la main droite avant d’aller chercher une collègue pour prendre le relais. Ça commence vraiment bien, que j’me dis. Cette autre infirmière a plus de chance. Maintenant pluguée, on m’injecte de la pénicilline et un soluté.

La gynécologue me fait commencer le pitocin à 8 h. J’ai le ventre constamment dur et le moniteur peine à détecter mes contractions. Je suis étonnamment confortable et je me dis naïvement que si c’est comme ça jusqu’à la fin, c’est sûr que je ne demande pas la péridurale. La gynécologue revient vers 9 h 30 et crève les eaux de on ne sait pas quel bébé. Comme bébé no1 et bébé no2 se sont chicané la première place toute la grossesse, on ne saura qu’à la dernière minute quelle de nos poulettes nous rencontrerons en premier.

Les douleurs passent en 1 h 30 de « Ah, que c’est de la petite bière » à «Sérieusement, je pense que je suis en train de mourir ». J’essaie de tougher, mais mon infirmière me recommande de ne pas attendre de ne plus être capable pour demander la péridurale. Je me déclare donc prête à la recevoir. Je dois toutefois attendre encore 1 h 30, car ils doivent avoir l’autorisation de ma gynécologue et elle est en salle d’opération.

Les douleurs sont pas croyables. J’ai vraiment de la misère à garder un semblant de calme. J’essaie de conserver ma concentration lors des contractions, mais c’est de plus en plus difficile. L’anesthésiste obtient finalement l’autorisation et arrive comme un sauveur. J’ai un mal intense à me déplacer les fesses au bord du lit pour leur faciliter le travail. Une fois le cathéter en place, on m’injecte le médicament. Les minutes passent et rien ne se passe. Je continue de souffrir vraiment fort.

J’ai beau gémir, me faire masser le dos, serrer la main de mon chum, recevoir la péridurale (!), rien n’y fait et je capote sur un esti moyen temps. C’est en me couchant sur le dos qu’un miracle se produit et que la péridurale embarque ENFIN. Je suis littéralement knock-out. J’ai les yeux fermés, je ne parle plus à personne. J’ai l’impression d’être dans un confortable coma.

À ce moment-là, j’ai seulement 4 cm de faits, il est 14 h 30, et la dose de pitocin est doublée. Pendant 1 h 30, les contractions sont très fortes et mon visage continue de se crisper à chaque fois malgré le calme extrême dans lequel je me trouve. À 16 h, l’infirmière essaie de me poser une sonde et en est incapable. Je dis à mon amoureux que ça me pousse dans les fesses depuis un bout. La gynécologue arrive à 16 h 30 et réalise que je suis à 10 cm.

Je suis rapidement transférée en salle d’opération. C’est le branle-bas de combat. Accompagnée de quatorze membres du personnel médical, Marianne voit le jour à 16 h 56 au bout de six petites poussées. Elle pèse 5 lbs 8. Ma gynécologue demande à mon amoureux de rapidement couper le cordon. Le cœur de bébé no1 ralentit. Elle entre son bras, agrippe la tête et utilise une ventouse pour orienter le bébé vers le bassin lors de la prochaine contraction. Cinq poussées plus tard, il est 17 h 02 et Camille naît à 6 lbs 2. Toujours sous l’effet des médicaments, je dis très peu de mots, mais je suis tout de même submergée par l’émotion. Je rencontre les deux petits êtres que j’ai portés et que j’aime déjà tant. Je suis émue de leurs premiers pleurs, de leurs odeurs et de leurs cheveux. Je suis envahie d’une vague d’amour pour elles et pour mon amoureux qui est maintenant un papa.
 

Crédit photo : Pascal Lapointe

Il me semble qu’on m’avait dit que le séjour à l’hôpital était de deux jours pour un accouchement naturel…
 

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