La science des robes qui tournent

Crédit photo: Julie Marchiori La science des robes qui tournent

Les robes qui tournent. It’s a thing.

Ma fille en vit, ma fille en rêve. Si elle voit une robe, sa première question est : « Est-ce qu’elle tourne? » Si elle en essaie une, c’est plutôt « Est-ce qu’elle tourne bien? » Si j’en porte une, c’est « Maman, tourne voir si ta robe marche comme il faut? »

Crédit : taylorsterling/Instagram

En fait c’est pas étonnant. J’ai moi-même un faible pour les robes. J’ai #AchetéAvecMesSous mon premier spécimen en 1995 et depuis je les collectionne. J’en ai des cheaps, des chères, des faites à la main, des faites au Pakistan, des mises de côtés, des empuntées-jamais-rendues-maintenant-données-legit, de la fripe, du fast fashion, du designer, du goth, du « fille d’honneur », certaines me vont, d’autres m’allaient en 1999.
 
Ce qui est étonnant, c’est que la frénésie de ma fille pour la « roberie » me surprenne. M’exaspère même. J’ai essayé de lui faire porter des jeans, des pants en corduroy, des leggings dans le sacro-saint but de varier l’habillement, l’exposer à tout pour l’ouvrir à autre chose que le stéréotype « fille en robe rose », craignant qu’elle ne s'y emprisonne avec ses diktats à tout jamais. Pis un jour, j’ai lu Martine Delvaux et j’ai aussi discuté avec Estelle, et je me suis finalement dit… SO WHAT?

Crédit : sea.and.wander/Instagram

 
Mon amour des robes n'a jamais freiné ma pensée féministe. Il ne m’a pas empêché de me diriger vers un milieu de travail typiquement masculin, de sacrer contre le patriarcat ou de remettre en question les contours de la féminité. En fait, l’ultime argument a été « si mon garçon me demandait de porter des robes, je dirais oui d’emblée pour lui permettre d’explorer ses goûts et son identité, alors pourquoi est-ce différent pour ma fille? »

Crédit : Giphy

 
T’aimes les robes qui tournent? Ben, go! Je choisis mes combats et la forcer à porter un jeans Gap pour la forme et avoir la crise du siècle avant 8 am, non, c’est pas une bonne stratégie parentale.
Je lui suggère plutôt un set de règles à respecter :

  • S’habiller en fonction de la météo pour n’avoir ni trop chaud ni trop froid.
  • Une robe ne peut-être mise plus d’une fois par semaine et doit être propre.
  • On porte des vrais vêtements à la garderie, pas des costumes et pas de nudisme.

That's it!
Et tout le monde est plus heureux comme ça. Elle et sa copine ont l’air de poèmes multicolores, ça rit, ça danse, ça tourne.
Et ça donne lieu à des mots d’enfants rigolos (mais traumatisant).
 
Elle : Maman, j’adore ta robe!
Moi : Merci! C’est gentil!
Elle : Tu sais, quand tu seras morte, c’est moi qui vais porter tes robes!
Moi : …
Elle : …
Moi : Ben, tu pourras les porter bien avant mon décès, t'sais!
Elle : … meh
Désintéressée, elle retourne jouer avec ses Duplo, d’un coup de crinoline au vent.
 
Pour la postérité, je souligne que j’écris ce texte en jeans. Bleus. Troués.
 

Crédit : Giphy

Psssttt ! Envoie-ça à ton ami!

PLUS DE NOUVELLES