La première fois que je l’ai rencontré dans un salon du livre, j’avais l’impression de le connaître depuis toujours. Il était assis, tout seul derrière sa table, le visage ouvert et paisible de celui qui est content d’être là. Lorsqu’il m’a vu approcher, un sourire sincère a illuminé son visage. Et le mot n’est pas exagéré, Simon Boulerice est lumineux, comme s’il avait avalé une bouchée de soleil. Un humain allumé, enthousiaste et vibrant, intelligent, sensible et rieur, simple et ultra-gentil. Toutes des qualités qu’on retrouve dans son œuvre, à son image.
 
Si je vous parle de lui, c’est que je trouve qu’au-delà du talent immense qu’il a, avec son attitude tellement inclusive et créative, avec sa façon, souvent tendre et pleine d’empathie, d’embrasser la différence dans ses écrits, Simon Boulerice fait œuvre utile. C’est un facilitateur de discussion sur une pléthore de sujets délicats : l’intégration, l’homoparentalité, l’intimidation, la transphobie, la stigmatisation, le rejet, les préjugés, etc. Toutes les bibliothèques familiales devraient avoir des livres de Simon dans leurs étagères. Ils ouvrent le cœur et l’esprit, ce qui, pour moi, est à la base de l’éducation.
 
Les deux derniers ouvrages auxquels il est associé en sont d’ailleurs de beaux témoins :
 
Bagages, mon histoire est un magnifique album, superbement illustré par Rogé, qui collige les poèmes d’enfants immigrants à qui Simon a donné des ateliers d’écriture. Leurs mots expriment avec justesse et émotion toute la difficulté de laisser derrière soi famille, amis et pays, le déchirement ressenti, la peur, la peine, mais également l’espoir, la fébrilité et l’envie de croire en un avenir meilleur. C’est bouleversant de vérité et rudement bien tourné, la poésie et sa puissance d’évocation servant formidablement le propos. Et quels talents nous découvrons-là! Ces jeunes manient les vers avec brio, j’espère qu’ils continueront d’écrire! Bravo à Simon d’avoir été l’une des bougies d’allumage de ce projet fédérateur qui a donné lieu à la création d’un spectacle, d’un documentaire et finalement, d’un livre merveilleux dont il signe la touchante préface.

 
La gardienne du musée est lui aussi un splendide album que Simon signe entièrement cette fois. Il y raconte les mésaventures de Madame Morose, une gardienne de musée qui, comme son nom l’indique, est plutôt taciturne. Elle envie la beauté des œuvres qui l’entourent, elle qui se trouve moche et sans éclat, un peu comme ce vilain portrait que tous les visiteurs détestent. Pourtant, elle l’aime bien, ce tableau qui lui ressemble. Le petit garçon au foulard rouge aussi, lui qui semble voir avec les yeux du cœur. Que se produira-t-il lorsqu’une catastrophe dévoilera ce qui se cache réellement sous toutes ces couches ternes qui assombrissaient la toile et sa gardienne?
 
Avec cette jolie histoire où s’entremêlent art, enfance, jugement et bienveillance, Simon nous invite à aller au-delà des apparences et des a priori. Et nous suggère de ne pas laisser la vie éteindre la petite flamme qui nous animait enfant. Une autre belle porte ouverte pour entamer le dialogue avec nos cocos-cocottes. Et une formidable occasion de leur faire découvrir quelques-unes des œuvres marquantes de l’histoire de l’art, reproduites de main de maître par l’illustratrice Lucie Crovatto.

Ceci n’est qu’un aperçu de ce que Simon Boulerice a à vous offrir puisqu’il a presque une trentaine de livres enfance-jeunesse à son actif. Vous pouvez lui dédier une tablette entière de votre bibliothèque, elle n’en sera que plus lumineuse!

Avez-vous des livres de Simon Boulerice à la maison? Si oui, lesquels?

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