Combien d’heures travaillez-vous vraiment par semaine?

Crédit photo: Jashina/Pixabay Combien d’heures travaillez-vous vraiment par semaine?

Je m’appelle Geneviève. J’ai 40 ans. Je travaille en moyenne 85 heures par semaine.

Mon « shift » commence vers 7h30 et se termine aux alentours de 21h00. Des fois (souvent!), je fais de l’overtime et je travaille de nuit. Je n’ai pas de vacances annuelles, pas de plan de retraite, pas de congé de maladie, pas de possibilité d’avancement. « Lâche-moi ça tout de suite, cte job-là! » qu’on aurait envie de me dire… Je ne peux pas. Vous l’aurez deviné, je suis parent à temps plein.
 


Crédit : ArtsyBee/Pixabay

Mon occupation principale, en plus d’être non-rémunérée, me vaut des gros yeux plus souvent qu’autrement. Pourtant, je suis éducatrice, préposée à l’entretien, proche-aidante, gestionnaire, cuisinière et j’en passe. Mais en 2019, hors du marché du travail formel, point de salut!

Pourquoi est-ce que je vous raconte tout ça?

Dans le cadre de la journée internationale des travailleurs et des travailleuses, l’R des centres des femmes du Québec a eu l’idée de mettre en ligne un calculateur de travail invisible. Ces tâches qui – disons-le haut et fort tant qu’il le faudra – sont encore majoritairement effectuées par les femmes. Des tâches qui constituent une occupation en soi, qu’on prend pour acquis et qui ne sont pas rémunérées.

Combien ont l’impression que leur deuxième quart de travail commence une fois revenues à la maison?

Combien d’heures travaillons-nous vraiment par semaine?

J’ai quand même été impressionnée du nombre d’heures que peut représenter la charge de travail à temps plein de deux enfants en bas âge. Et je suis tout aussi admirative des femmes incroyables de mon entourage qui performent fabuleusement dans leur day job un bon 40h/semaine et se rajoutent encore une trentaine d’heures au compteur à prendre soin de leur monde.

Honnêtement, ça n’a pas de bon sens!

Et on est en droit de se demander, collectivement, à quoi serviraient ces heures précieuses si elles n’étaient pas mobilisées de la sorte par les tâches ménagères, les soins, la performance de genre, la charge mentale et le reste.

Sur quoi on mettrait notre énergie?

Je ne sais pas pour vous mais, depuis que je suis le parent principal de ma famille, il y a plein de parcelles de moi-même que j’ai dû tabletter. Les quelques heures de temps libre par semaine qui me restent ne me servent bien souvent qu’à souffler, me poser et contempler le vide. Autour de moi, la grande majorité des mères sont dans la même situation. Elles remettent à plus tard leur envie de créer, de reprendre des études, de s’entraîner, de militer ou même juste de prendre un bain…
 


Crédit : Mitchell Orr/Unsplash

Bien sûr, il y a toujours des exceptions. Si vous possédez un réseau familial présent qui aide avec les enfants. Si votre compagnon ou compagne de vie est hyper impliqué.e et en fait autant ou sinon plus que vous dans la maison. Si vous trouvez le temps de tout faire grâce à votre sens aigu de l’organisation et que vous ne croulez pas sous la tâche. Sachez que vous êtes privilégiée! Et tendez la main à celles d’entre nous qui cumulent les heures d’ouvrage formel et informel, pour que nous puissions tous les jours, ensemble, oeuvrer à bâtir un monde plus égalitaire.

Pour calculer vos heures de travail invisible, c’est ici!
#CestAussiDuTravail

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