J’ai entendu parler de ce concept pour la première fois la semaine dernière dans mon cours d’éveil pour les 0-3 mois (oui, ce cours s’adresse clairement plus aux mères qu’aux bébés). Et je voulais vous en faire part. Question de vous faire déculpabiliser un peu. Le concept parle des mères, mais il s’applique à tous les parents qui ont tendance à trop rechercher la perfection.

Qui n’a jamais entendu parler de la mère parfaite, celle qui a toujours fait son ménage, qui ne lève jamais le ton, qui sert juste des aliments bio-sans-sucre-sans-viande-sans-OGM-sans-gluten et qui est une superbe amante? Bien entendu, cette mère-là n’existe pas, sauf dans l’imaginaire collectif. À l’inverse, il existe aussi la « mère indigne » qui fait rouler tous les blogues de parentalité depuis quelques années. Mais entre les deux? C’est la mère suffisamment bonne ou la « mère ordinaire qui se dévoue normalement », un concept établi par un psychanalyste et pédiatre britannique, D. W. Winnicott.

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Grosso modo, le concept réfère à un parent qui voit à répondre à tous les besoins de son enfant immédiatement dans les débuts de sa vie, aux dépens de ses propres besoins. Mais, plus le temps avance, plus le parent laisse son enfant vivre des petites frustrations. Le parent n’est pas parfait, mais il fait son possible en laissant son enfant vivre des petites frustrations quotidiennes (par exemple, il pleure un peu avant que son biberon n’arrive, avant que son parent vienne le voir dans sa bassinette ou en attendant que son parent termine d’habiller le plus grand). Le parent ne laisse pas pleurer son enfant inutilement, mais le fait quand c’est nécessaire.

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Mais le plus beau là-dedans? C’est que cette « imperfection » à répondre immédiatement aux besoins de l’enfant (on parle toujours de quelques minutes tout au plus, hein) AIDERAIT l’enfant dans son développement cognitif. En effet, ce sont ces frustrations qui permettent à l’enfant de comprendre qu’il existe un monde extérieur à lui. Que ses besoins ne sont pas la seule chose qui existe dans l’univers.

Bref. Tout ça pour dire que des fois, je m’autoflagelle pour des moments où je me sens moins bonne comme mère. Quand je suis obligée de déposer mon bébé dans sa bassinette parce qu’elle pleure trop et que je suis en train de me fâcher, quand elle se met à pleurer sa vie alors que je viens tout juste d’appliquer mon shampoing dans la douche… Mais tout compte fait, ces moments où on se sent moins bon.ne sont nécessaires au bon développement de notre enfant. Tant et aussi longtemps qu’on fait notre possible pour veiller à leur bonheur.

Parce qu’évidemment, le concept du Good Enough Mother ne vient pas cautionner la négligence, l’abus, etc., il vient seulement rassurer les parents qui se trouvent poches alors qu’ils se donnent globalement corps et âme pour leurs enfants.

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Alors, quand on dit que l’erreur est humaine… on ne pourrait pas dire mieux! Elle serait même essentielle au développement sain des enfants.

Pour en lire plus sur le sujet : What Is a "Good Enough Mother"? - Psychology Today

Que pensez-vous de ce concept de parent « suffisamment bon » ?

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