Entrevue avec Myriam Simon, ballerine professionnelle pour Les Grands Ballets

Crédit photo: Sasha Onyshchenko pour les Grands Ballets

La semaine dernière, je vous parlais de mon expérience au ballet Casse-Noisette et de comment j’ai adoré le spectacle. J’ai tellement été impressionnée par le talent des danseurs et je me suis demandé ce que ça prenait pour performer sur une scène aussi prestigieuse que celle des Grands Ballets. J’ai eu l’occasion de poser quelques questions à Myriam Simon, première danseuse des Grands Ballets et j’ai été vraiment touchée par sa réalité d’être une artiste à temps plein et une maman en même temps. Voici ses réponses!

 

Parlez-nous un peu de vous! Quand avez-vous eu la piqûre pour le ballet et que vous avez su que c’était LA chose que vous alliez faire comme carrière?

 

Ma passion pour la danse a été instantanée, comme un coup de foudre. Je devais avoir à peu près 12 ans. Ma famille avait déménagé sur le Plateau Mont-Royal juste à côté de l’École supérieure de ballet du Québec. Je faisais une petite marche dans mon nouveau quartier et comme par hasard, je suis entré à l’école. En voyant les filles danser dans le studio, j’ai tout de suite su que c’était mon monde.

 

 

Depuis combien de temps faites-vous partie des Grands Ballets?

 

Je suis maintenant au milieu de ma troisième saison avec Les Grands Ballets. C’est un rêve de petite fille devenue réalité. J’ai longtemps travaillé en Europe. J’ai fait des tournées partout dans le monde et j’ai eu la chance de danser sur certaines des scènes les plus prestigieuses du monde! Mais je gardais toujours au fond de moi l’idée rentrer un jour à la maison pour danser chez moi, là où tout a commencé.

 

Travaillez-vous exclusivement à Montréal ou vous êtes amenée à vous déplacer?

 

Heureusement pour mon garçon Marlon, je travaille surtout à Montréal, de 10h à 18h, du lundi au vendredi! Un horaire assez normal pour une danseuse, sauf pour les périodes de spectacles où ça devient plus chargé. J’ai la chance d’avoir une maman très présente! C’est elle aussi qui m’aide pendant les périodes de tournée ou lorsque je suis invitée à danser à l’étranger pour d’autres compagnies. Pour Marlon, rester chez Grand-maman signifie bien sûr la grande fête!

 

Qu’est-ce qui est le plus difficile dans le parcours pour se rendre au niveau professionnel?

 

Devenir danseuse professionnelle est un mode de vie à part entière : c’est un grand défi, un travail constant, 24 heures sur 24. Il faut avoir énormément de discipline et toujours continuer à croire en soi, car l’art est subjectif. Mais quand la passion est là, tout se fait naturellement. Je pense que le talent, c’est en grande partie une question de volonté!

 

Qu’est-ce qui vous motive le plus?

 

Ma motivation vient de toutes les expériences de ma vie, que j’aime exprimer sur scène et partager avec le public. Des expériences qui proviennent de bien des choses et des gens, qui continuent de m’inspirer au quotidien : la musique, de mes professeurs, de mon directeur, de plusieurs danseuses qui m’ont inspiré (comme la magnifique Anik Bissonette, une ancienne première danseuse aux Grands Ballets et qui est maintenant la directrice de l’école supérieure de ballet du Québec), de mes collègues, de mon garçon. La motivation vient de l’inspiration, qui est déjà partout autour de nous, il suffit simplement de regarder!

 

Quelles sont vos routines en lien avec votre art et votre travail?

 

 

Le matin, la routine commence d’abord et avant tout avec un café! À partir de là, c’est non-stop. Marlon et moi déjeunons, préparons les lunchs et le départ pour l’école ensemble, etc... Après l’avoir déposé à l’école je vais directement aux Grands Ballets, à l’Édifice Wilder. C’est là que je deviens la ballerine! Réchauffement d’abord, suivi d’une classe matinale très exigeante, à tous les jours, pour garder le niveau en tout temps. Puis on enchaîne diverses répétitions et entraînements tout au long de la journée pour les différents spectacles que la compagnie présente. Après tout ça, je cours pour aller chercher mon garçon et je redeviens maman.

 

Quel est votre ballet préféré?

 

C’est dur de choisir un ballet préféré. J’ai adoré danser Gisèle l’année dernière. J’aime beaucoup aussi La Dame aux camélias de John Neumeier, Onegin de John Cranko et, bien sûr, notre Casse-Noisette qui est très spécial pour moi, je le trouve tellement magique! Ça me faisait rêver quand j’étais petite et en plus c’est là que j’ai fait mes premiers pas sur scène.

 

Vous avez un petit garçon, Marlon. Quelle est la réalité d’une maman ballerine?

 

Ce n’est pas toujours facile d’être ballerine et maman. Surtout après une grosse journée remplie de répétitions exigeantes au niveau physique… quand mon garçon me demande d’aller jouer avec lui dehors au ballon ou à la tague, des fois je voudrais juste pouvoir reposer mes jambes! Comme bien des mamans, j’ai parfois l’impression d’être tout le temps en train de courir et que c’est la folie! Mais je ne me plains pas, car je me considère comme étant très choyée d’avoir ces deux énormes passions dans ma vie. Je suis aussi vraiment chanceuse parce que toute l’équipe des Grands Ballets me supporte beaucoup en tant que maman et que j’ai aussi ma maman qui est très présente.

 

Crédit: Carlos Quezada

 

Ça doit être spécial de partager un ballet aussi magnifique que Casse-Noisette avec votre fils. Qu’est-ce que vous aimez le plus là-dedans?

 

Ce que j’aime le plus, c’est que ça nous rapproche tous les deux. Il me pose plein de questions sur l’histoire, le décor, la musique… C’est extraordinaire que ce ballet passe d’une génération à une autre et qu’il reste toujours tout aussi vivant! C’est la preuve que c’est un véritable classique.

 

Est-ce que Marlon a une scène préférée?

 

La scène préférée de Marlon est celle de la bataille entre les petites souris, les rats et les soldats. Il se passe plein de choses en même temps. C’est une scène drôle et excitante, il l’adore et juste après, le Casse-Noisette se transforme en prince qui transporte Clara, la petite héroïne, au Pays des neiges. Pour Marlon, c’est le moment où il voit sa maman se transformer en Reine des neiges, le temps d’un ballet!  

 

Et vous?

 

Le Pas de deux entre la Reine des neiges et son cavalier! 

 

Crédit: Sasha Onyshchenko

 

 

Un énorme merci à Myriam Simon de s’être prêtée au jeu de l’entrevue! Et merci aux Grands Ballets pour l’organisation et l’invitation au spectacle de Casse-Noisette.

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