J’ai deux garçons d’âge préscolaire à la maison et croyez-moi, quelques fois, ils se chamaillent. Eh oui, c’est inévitable, dans une fratrie de sœurs et de frères, il y a de la chicane. Si on est chanceux, ça s’arrête là. Parfois, mes garçons sont un peu plus « physique » et il y a de la bousculade (ou pire, des coups de poings!), mais chez nous, la violence et les coups bas, c’est tolérance zéro. Mes enfants sont donc souvent confrontés à leur gestes et ils doivent s’excuser. Et je ne sais pas si j’abuse, mais chez nous, les excuses, c’est 2 ou 3 par jour.

Jusque-là, le concept d’excuse a toujours été facile à gérer et à assimiler pour mes touts-petits : « Tu as fait mal à ton frère? Tu lui as volé son jouet? Tu l’as poussé? Viens ici t’excuser et fais-lui un mamour.» Parce que oui, les excuses c’est bien beau, mais j’aime beaucoup la notion de réparation du geste. Les enfants se sentent valorisés par le positif derrière la réparation plutôt que de retenir seulement le négatif des excuses pour le geste commis. Par exemple, si mon garçon a volé le jouet de son frère, il doit s’excuser et lui prêter un de ses jouets pour 5 minutes. Mais dernièrement, j’ai dû apprendre à mon 4 ans et demi le pardon envers soi-même.

Mon mini avait commis un geste méchant envers un ami. Le pire, c’est qu’on a vu qu’il a regretté sa bousculade sur-le-champ. Après s’être excusé auprès de l’ami et avoir réparé son geste, tout le monde était passé à autre chose. Tout le monde… sauf lui. Il se sentait coupable et ce sentiment avait pris toute la place. Il était triste depuis 20 minutes et n’arrivait plus à jouer avec les autres. En fait, il n’arrivait pas à se pardonner lui-même. Parce que non, on ne s’excuse pas à soi-même. On ne se fait pas d’accolade, de mamour et on ne se partage pas de jouet. Alors, comment expliquer à mon fils de 4 ans qu’il doit apprendre à se pardonner?

J’étais complètement sans mot lorsqu’il m’a demandé comment faire. D’une part, je ne voulais pas banaliser le geste qu’il avait commis en lui disant que ce n’était pas grave. Par contre, j’espérais qu’il puisse se libérer de son sentiment de culpabilité qui était beaucoup trop important pour le geste commis. Et je n’avais tout simplement pas les mots pour lui expliquer le pardon que l’on doit se faire à nous-mêmes.

Je me suis rendu compte que j’insiste beaucoup sur le pardon auprès des autres, mais peu sur celui envers nous-mêmes. J’ai moi-même le bouton culpabilité collé depuis que je suis devenue mère… 

Comment avez-vous expliqué à vos enfants à s’excuser aux autres et à soi-même?

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