Septembre 2018, je suis enceinte de 37 semaines. Les préparatifs pour accueillir bébé sont terminés, mais je viens de débuter un autre genre de marathon, celui de profiter des trois dernières semaines de MON existence. J’enfile donc restos, sorties cinéma même en après-midi au milieu de retraités et de jeunes cégépiens, visites d’expositions dans plusieurs musées montréalais, massages et j’en passe. Mais pourquoi toute cette folie? Tout cela à cause du célèbre « Profitez-en! » Oh oui, cette phrase que vous avez entendue probablement beaucoup trop souvent lorsque vous étiez enceinte de votre premier bébé. 

Enceinte de quelques semaines, votre entourage s’efforce déjà de vous présenter les facettes les plus sombres de la maternité et d’éteindre toute étincelle de naïveté. C’est un peu comme si les parents de jeunes enfants se disaient intérieurement ahahah elle va enfin comprendre ce que c’est de ne plus avoir de temps pour soi. Ils s’exclament ainsi tous en choeur: « Profitez-en, bientôt vous ne dormirez plus! Profitez-en… Profitez-en… ». Ces mots s’enchaînent telle une petite ritournelle.

Question de rire de tout cela (car si vous ne l’aviez pas encore remarqué, ce texte est tout de même teinté de sarcasme), j’ai essayé de dénombrer certains des plus célèbres « Profitez-en »!

– « Profitez-en vous ne mangerez plus jamais chaud! », s’est déjà exclamée une serveuse au St-Hubert

– « Profitez-en, vous en aurez bientôt pour toute une vie d’inquiétude! »

– « Profitez-en, vous ne sortirez plus; c’est fini le théâtre et les nouveaux restos. »

– « Profitez-en, car bientôt, votre maison sera envahie par tout l’équipement du futur héritier! Et vos meubles, n’en parlons pas, ils seront tous égratignés ou même pire, DÉTRUITS! »

– « Profitez-en, vous ne pourrez plus veiller tard dans les soirées, il faudra rentrer tôt pour coucher bébé qui n’acceptera pas de dormir ailleurs! »

– « Profitez-en, car c’est fini la spontanéité de faire une sortie de dernière minute. Et même si vous planifiez le tout, le petit aura sûrement réussi à attraper le pied-main-bouche au moment opportun. »

En finalité, je crois que c’est important pour la future maman de vivre chaque étape en son temps. De rester un peu dans ce douillet cocon avant ce grand changement de vie. Car, comme notre enfant qui apprendra à ramper avant de marcher, on découvrira nous aussi, pas-à-pas, les moments plus difficiles de la maternité, mais surtout, on vivra de grandes joies qu’on ne croyait pas encore possibles.

 

À visionner

En écrivant ces lignes, je suis tombée sur un récent épisode de Format familial, où Marie-Mai parle de ce phénomène. Dans sa montée de lait, elle nous parle des rabat-joies de la grossesse. 

Durant votre première grossesse, avez-vous rencontré certains de ces rabat-joies? 

Plus de contenu