Il y a quelques semaines, j’attendais pour mon suivi de grossesse et je scrollais les articles sur mon téléphone. Je suis tombée sur un article concernant la série Sex Education que l’on retrouve sur Netflix et je décide de cliquer sur le lien, car j’adore la série. Pour résumer rapidement l’article, l’auteure souligne que, selon elle, la série enseigne davantage aux adolescents à banaliser le sexe et ne laisse aucune place à l’apprentissage de l’amour avant la sexualité.

Ce n’est pas le premier article qui étale ce genre de propos et ce n’est pas la seule série de Netflix qui fait énormément jaser… Dans la plupart de ces séries destinées aux adolescents, les auteurs abordent plusieurs tabous du quotidien sous toutes sortes d’angles et illustrent visuellement certains actes parfois difficiles à regarder, mais importants à nommer et dénoncer. Plutôt que de banaliser certains sujets, je trouve que ces séries donnent un portrait réel de plusieurs thèmes comme l’importance du sexe ou non pour certaines personnes, pour ne citer qu’un exemple. Qu’on aime ou qu’on n’aime pas le fait d’aborder ces sujets, cela anime plusieurs discussions et je pense qu’en tant que parent, nous avons aussi notre rôle à jouer au travers de tout ça.

Aujourd’hui et depuis quelques années déjà, les sujets tabous se dévoilent de plus en plus sur nos écrans. L’univers télévisuel de mon adolescence est teinté des vidéoclips passés sur MusiquePlus comme Christina Aguilera avec son vidéoclip Dirrty, Christina Milian avec sa vidéo pour Dip it Low ou encore du vidéoclip de Lady Marmalade où les chanteuses sont en lingerie fine. Et que dire des séries comme One Tree Hill qui ont traité de sujets difficiles comme les impacts d’une fusillade dans une école secondaire.

Dernièrement, c’est sûr qu’on voit une évolution plus rapide du contenu télévisuel. Il y a de plus en plus de séries qui parlent de sujets drôles, dramatiques, enfantins, violents et que l’on chiale ou non, ces séries révèlent davantage d’aspects de la «vraie vie», selon moi. En tant que parent, je n’ai pas de misère avec ça et je félicite même cette ouverture.

Je m’explique : durant mon adolescence, la sexualité était un sujet très ouvert, tout comme ce l’était pour l’alcool et les drogues. Mes parents étaient au courant quand ma sœur ou moi avions un party, ils se renseignaient sur les amis qui y étaient et où le party avait lieu. Ils connaissaient nos amis, leurs parents et avaient une relation de confiance avec eux. Le jour où nous arrivions avec un copain, notre mère nous emmenait chez le médecin pour avoir la pilule. En ayant des parents aussi ouverts, cela permettait de venir parler sans gêne de sujets plus difficiles. Comme nos parents étaient très réceptifs, on ne cachait pas de détails et ils nous laissaient vivre notre jeunesse comme eux l’avaient fait autrefois.

C’est le même genre de relation que je souhaite instaurer avec mes filles. Je veux que l’on parle de sexe, d’alcool, de drogue, d’amour, de peines, de périodes sombres, de suicide, de moments heureux, car c’est d’un amalgame de ces éléments qu’est constituée la vie. Même si l’apprentissage de la vie se continue tout au long de l’âge adulte, il débute au moment où l’enfant nait. Il est important de laisser nos enfants voir chaque aspect, car chacun est différent et doit apprendre à faire la part des choses. L’adolescence reste une drôle de période où l’on veut préserver leur cœur d’enfant tout en les traitant en adulte. En tant que parents, nous ne pouvons que les aider à trouver le chemin qui leur correspond, rester ouverts sur ce qui les entoure dans leur monde et les laisser découvrir leur univers à travers des émissions qui les rejoignent. Tabous ou non.

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