Hier, j’ai reçu mes photos de maternité à 1 mois de mon accouchement. Mais ce moment heureux est brouillé par des événements que je n’aurais jamais pu imaginer. Derrière mon sourire de maman se cachent de l’inquiétude, de l’incertitude et de la peine.

De la peine parce que je ne pourrai pas partager l’arrivée de mon deuxième bébé avec ceux que j’aime, que je ne pourrai pas aller faire prendre des photos professionnelles de mon nouveau-né ni socialiser avec d'autres nouvelles mamans pour un moment, et aussi parce que ma famille ne pourra pas m'offrir son support directement.

De l’inquiétude à savoir si mon conjoint pourra venir avec moi lors de mon accouchement, ou si je serai séparée de mon bébé après sa naissance.

De l’incertitude quant à comment ça se passera à l’hôpital en raison de la pandémie. Et comment vais-je m’occuper de mon nouveau-né et de mon garçon de deux ans sans aide extérieure?

Je sais aussi que derrière les caresses douces de papa se cache la peur de ne pas pouvoir assister à la naissance de son deuxième fils, mais aussi la peur de ramener ce virus à la maison puisqu'il est infirmier et est donc à risque tous les jours au travail. Il est lui aussi inquiet de ce qui se passe au travail; devant la souffrance et la mort. Il se sent aussi impuissant devant l'idée de devoir partir travailler en laissant à la maison sa femme, leur nouveau-né et leur petit garçon.

Je suis tout de même reconnaissante de trouver en moi une force incroyable. Une force physique, étant à genoux en train de jouer avec des autos malgré les douleurs de fin de grossesse. Une force mentale, à faire du télétravail tout en répondant aux mille « Maman! » de mon garçon durant la journée.

Je suis reconnaissante que mon fils ne comprenne pas ce qui se passe dans notre monde actuellement. Il est simplement heureux de passer tout son temps avec maman à la maison, et surtout, je suis reconnaissance de l’amour qu’il y a dans notre noyau familial.

Nous avons tous hâte que la vie redevienne normale, mais la réalité est qu’elle ne sera plus jamais comme avant. Nous avons tous vécu la fragilité de notre style de vie. Je crois qu'il y aura avant le virus et après.

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