Lorsqu’on est séparés, cela va de soi, les enfants vivent dans deux environnements distincts et, même si on met de l’avant des fonctionnements communs, même si on partage certaines valeurs éducatives, il y a des petites différences entre les milieux de vie. C’est impossible que chaque parent ait exactement les mêmes pratiques, les mêmes mots ou interventions et c’est normal (en fait, ça m’irrite). Évidemment, il y a LES EXTRÊMES: le respect vs la violence. Dans les deux cas, nos enfants grandissent dans un environnement chaleureux qui répond à leurs besoins… La base.   

Après, il y a tout le reste: LA ZONE GRISE qui nous rend ambivalents; faut-il intervenir (donner son avis)… Ou pas? 

Dans cette dernière catégorie, il y a ces mots que nos enfants disent, qui ne sont pas GRAVES en soi, mais qui ne sont pas les nôtres: « On peut le donner aux pauvres! », dit un petit garçon de 6 ans plein d’enthousiasme! 

Hum…  Je magasine souvent seconde main. Clairement, ce ne sont pas les mots que j'aurais choisis pour parler des friperies et des centres de dons, et ça m’irrite un brin. Mais, est-ce que c’est GRAVE? J’imagine que non… Comme être en retard, comme changer une date, comme avoir une règle que moi je n’ai pas, comme véhiculer une idée que je ne partage pas. Ce n’est pas grave… Mais c’est là! 

Ce que je dirais candidement à mon conjoint n’est pas anodin si je le mentionne à mon ex. Aussi, je me demande souvent si notre séparation n’a pas exacerbé nos différences et si, justement parce qu’on est séparés, ces différences me sautent au visage et m’irritent particulièrement.

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Autre exemple banal: ma fille ADORE les leggings. Elle ne porte que ça et, personnellement, c’est très loin sur ma liste de batailles. De son côté, son papa tient à ce qu’elle porte différents types de pantalons. Elle me dit qu’elle doit choisir « autre chose ».  Bon, les deux opinions se défendent et c’est un exemple futile, mais qui s’additionne à d’autres. 

Dans le quotidien, j’aurais répondu à mon chum: « C’est pas siiiii grave, si elle porte des leggings ».  On aurait blagué et l’un des deux aurait mis de l’eau dans son vin parce que c’est vrai que… Ce n’est pas siiiii grave. 

Mais en étant séparés, en parler implique un moment d’arrêt.  Un: « on n’est pas d’accord » et, potentiellement de la lourdeur. C’est le genre de discussions que la séparation rend lourdes. Tout comme les irritants du quotidien. Un ex, ça reste un ex, et quand il est en retard, même si c’est justifié, on le remarque plus, et ça nous irrite plus.

Alors, elle est où, la ligne? 

À quel moment on se permet d’intervenir? De donner son éternelle opinion, encore. Si ce n’est pas compromettant pour l’enfant, est-ce mieux de se taire? Ou d’en parler directement à l’enfant: « Tu sais, moi je magasine seconde main, je trouve ça écolo (fais-toi ta propre opinion maintenant). » 

À quel moment a-t-on plus d’eau que de vin dans sa coupe? À quel moment, aussi, on laisse notre besoin de tout contrôler de côté, on respire et on se dit que « c’est normal que ça soit différent ailleurs »?

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