Je savais que je devais faire confiance à mon instinct

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Sa température variait de 39.5 à 41 depuis moins de 72h. Même l’Advil et le Tylénol combinés ne faisaient plus effet. Je savais que ce n’était pas qu’une simple otite. Parce que je connaissais déjà bien mon enfant, après ses 15 petits mois de vie. Elle ne mangeait plus, même si elle s’hydratait bien. J'ai décidé de l'emmener à l’hôpital pour voir un médecin, car le sien était en congé pour quelques jours. Mais à l’hôpital, son cas était loin d’être prioritaire.

 

L’attente a été longue. Triage, infirmière, médecin, prises de sang, test d’urine. Puis l’attente a encore été longue. Mais je savais que je devais rester. Après 10h à l’urgence, le médecin a fini par nous rencontrer.

« C’est votre premier enfant, hein? Ça fait moins de 72h qu’elle fait de la fièvre… »

Oui. Et…?

« C’est viral, madame. Ça va passer. Elle va peut-être faire de la fièvre encore 7-8 jours. »

 

Pourtant, mon instinct avait de la difficulté à avaler le mot « viral ». Mon enfant faisait éclater le thermomètre et n’avait plus d’étincelle dans ses beaux yeux gris. Mais qui étais-je pour ne pas croire le médecin ? Après tout, je n’avais que 15 mois d’expérience de maman et surtout, aucune étude dans le domaine de la santé. Je l'ai donc cru. Même si mon coeur me criait autre chose.

 

Le lendemain, le téléphone a sonné. L’hôpital. Un contaminant venait d’être trouvé dans le sang de mon enfant. On m’a demandé de me rendre le plus rapidement possible, sans tarder, à l’hôpital et sans vouloir me donner plus de précision. La veille, on me demandait si j'étais maman pour la première fois en me disant que tout allait bien, que c’était seulement viral. Quelques heures plus tard, mon enfant se faisait faire une batterie de tests, dont une ponction lombaire pour éliminer de la liste la méningite et la leucémie.

 

On m’a annoncé ensuite que ma fille allait devoir être hospitalisée pendant plusieurs jours pour pousser les tests et pour recevoir des traitements. On m’a aussi dit, une fois les suppositions de la leucémie et méningite écartées, que la bactériémie contractée par ma fille a été prise en charge juste à temps, que plus les heures avançaient, plus l’infection au sang aurait pu attaquer son cerveau ou un autre organe.

 

Le pire a été évité. Parce que j'ai cru bon de me rendre à l’hôpital, même si ça ne faisait pas 72h qu'elle avait de la fièvre. Parce que j'ai décidé de continuer d’attendre à l’urgence, même si nous étions loin d’être prioritaires.

 

Chères mamans et futures mamans, n'oubliez jamais que, même avec un bagage maternel tout nouveau, votre instinct est plus fort que tout. Oui, les médecins sont les experts de la maladie. Mais les mamans (et les papas et les figures d'attachement principales), elles, resteront toujours les expertes de leur bébé.

 

Un grand merci au département de la pédiatrie et à l’équipe de l’urgence de l’hôpital Pierre-Le Gardeur pour tous les bons soins prodigués à ma fille.

 

 

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