Ça me suit comme une ombre dont j’aimerais bien finir par me débarrasser. Dans toutes les facettes de ma vie ou presque: LA PERFORMANCE. Cette chose silencieuse et un peu floue, mais puissante, qui peut anéantir tout sur son passage, même les week-ends tranquilles. Ce sentiment que je dois performer, toujours (ou presque). 

Et pourtant, je sais rationnellement que je n’ai pas cette obligation. Je peux être relaxe, respirer, laisser aller un chaos (petit), faire des erreurs, tomber, me relever.  Faire à moitié. Mais cette insidieuse pression que je me mets s’infiltre sans cesse partout où elle peut. Et depuis 1 an, parfois dans les fissures de la maternité. 

Je me rends compte que je ne suis pas seule et qu’autour de moi, des mamans, des étudiants, des travailleurs (hommes et femmes) sont aussi soucieux de leur « rendement » constamment. Et quand je pense à ça, ça me met en colère. Ça me touche au plus profond de mon être transformé de mère. Pourquoi nous infligeons-nous cette obligation de performance? Pourquoi diminue-t-on sans cesse nos réalisations au lieu de reconnaître tout ce qu’on fait de bien et de beau?  

Il est vrai que le développement personnel est une valeur chère à mes yeux, mais où est la ligne entre la volonté d’évoluer comme personne et ne pas tomber dans le piège de devoir tout faire parfaitement? Pourquoi veut-on faire plus ET mieux (de recettes et d’activités stimulantes pour bébé, de sports, de créations, etc.) constamment?

Je relisais dernièrement les excellentes Tranchées, (Fanny Britt, Nouveau Projet), dans lesquelles l’auteure principale parle des mamans créatives (autre variante plus actuelle de la mère qui veut être parfaite). Je suis de cette espèce sans le vouloir. Non seulement je veux performer en faisant, mais je veux aussi être inventive, faire différent, me réinventer. Être anxieuse de performance est fatigant. À un moment ou à un autre, le corps nous fait signe que ce n’est pas une vie, ça. 

Voici donc ce qui m’aide (et je prends les trucs, merci!): 

  • Prendre une pause des réseaux sociaux. Essayer de réduire au minimum les comparaisons. Savoir ce qui se passe ailleurs peut me motiver et me donner de l’énergie. À d’autres moments, ça peut m’anéantir. 
  • M’enlever de la tête que je dois être débordée pour être une meilleure maman ou professionnelle.
  • Me calmer le perfectionnisme. Ça peut être un peu croche, dépasser, poussiéreux, sale  ET correct pareil.
  • Apprécier des activités sans chiffres, sans réussite ni échec. Juste du mouvement et de l’air frais (la marche me fait un bien immense).
  • Essayer d’être humble avec moi-même, d’avoir un discours positif comme celui que j’ai pour les autres.

Petit à petit, accepter de « faire » moins, mais d’« être » plus; c’est un combat constant pour moi. Par exemple, j’aime faire des desserts; je suis une tripeuse de pâtisserie (paradoxalement diabétique), mais je tiens souvent à ce que mes créations soient non seulement bonnes, mais aussi d’une beauté Instagramable. 

Comme un signe que je chemine, j’ai accepté dernièrement que le gâteau pour le premier anniversaire ma fille serait imparfait. Que le plus important gâteau de ma vie serait décevant à mes yeux. Que je n’aurais pas la photo parfaite du bébé plein de chocolat, que je n’aurai pas été la maman performante qui a stagé le parfait moment du 1 an de bébé L (qui, en passant, n’a même pas goûté le gâteau). Et c’était quand même le plus beau moment de pâtisserie que j’ai vécu. Je crois qu’on évolue toujours, dans nos forces comme dans nos failles.

Comment vivez-vous la pression de performance? 

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