Durant l’enfance, certaines angoisses peuvent exister selon le vécu de l’enfant et les cauchemars sont l’une des manifestations possibles. Ainsi, d’aussi loin que je me souvienne, j’ai fait plusieurs cauchemars lorsque j’étais petite, mais un en particulier hantait mon sommeil presque chaque nuit. Ce mauvais rêve était responsable des crises que je faisais à ma mère pour ne pas dormir.

Je vous explique ce fameux cauchemar. Je me vois, je suis un bébé d’un peu plus d’un an et je sais marcher. Je suis dans une rue ensablée. Mon cœur bat à toute vitesse. Ma mère porte une jolie robe d’été et elle entre dans la voiture. Elle me regarde à travers la vitre arrière de l’auto. Elle pleure tellement. Je cours de toutes mes forces pour la rattraper, mais mes jambes sont trop petites. Je tombe et je ne vois plus la voiture. J’éclate en larmes en hurlant « mama!!! ». À chaque terreur nocturne, ma mère venait me réconforter, mais jamais je n’ai jamais voulu lui parler de ce rêve et elle n’a jamais insisté.

Un jour, j’avais 5 ans et j’aidais ma mère à faire le ménage dans les photos de famille. Tout d’un coup, je suis restée immobile et je me suis mise à trembler en voyant une photo qui montrait exactement ce que je voyais dans mes cauchemars.

Crédit:Crédit: Karina Zeballos

Ma mère a tout de suite compris et elle m’a prise dans ses bras pour me consoler. Elle m’a tout expliqué dans un langage adapté à mon âge. Elle m’a dit que pour immigrer au Canada, seulement elle pouvait venir, car elle y avait déjà vécu durant son adolescence et cela faciliterait le processus. Je suis donc restée dans mon pays d’origine avec mon père et ma grand-mère. Elle m’a juré qu’elle a fait tout en son possible pour accélérer les démarches pour que mon père et moi puissions immigrer le plus rapidement possible, mais elle était impuissante devant toute cette bureaucratie.

Ma mère a eu plusieurs emplois pour pouvoir payer notre venue dans notre pays d’adoption. Elle a cherché en vain de l’aide de notre ambassade en l’implorant de faire quelque chose, car elle ne supportait plus d’être loin de moi. Elle ne mangeait presque pas et ne dormait presque plus. Presque un an plus tard, mon père et moi avons finalement mis les pieds au Québec. Tellement de temps s’était écoulé avant les retrouvailles que je ne la reconnaissais plus. Mais peu de temps après, je me suis attachée de nouveau à elle.

Mon histoire, c’est aussi celle de plusieurs familles d’immigrants, dont des enfants, qui fuient la pauvreté et l’oppression, entre autres. Suite à la révélation de ma mère, plus jamais je n’ai fait ce cauchemar.

Avez-vous déjà eu des cauchemars récurrents? Ont-ils été expliqués un jour?

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