Je vous écris du sommet d’une montagne, perchée sur une roche, adossée à la vie, à méditer sur ma montagne de tracas futiles. J’ai le coeur qui bat à tout rompre, mais je sens mes veines parcourues d’une nouvelle énergie; la plénitude. Je me vivifie au contact du ciel, juchée sur ce mont, d’où je vois les pignons de la garderie où mes cocos s’épanouissent.

J’y ai laissé les enfants ce matin. J’irai les cueillir suite à mon excursion, reposée, rassasiée de patience. Ne m’en voulez pas, mes cocos. J’ai parfois envie de silence et de liberté. J’ai soif de calme et de solitude, pour me réorganiser la pensée.

Je l’admets: toute cette folie de la Covid, ce contexte où l’aide se refuse par risques, cette ère irréelle et interminable où l’on se côtoie sans humanité; tout ceci m’a grugé l’esprit. L’anxiété, parfois, m’envahit. Je la sens monter en moi, me vider de mon jus de maman, m’enlever ma créativité et mon envie de m’amuser. Et quand je sens cette fameuse pointe d’irritabilité m’habiter, je me préfère sans vous, mes amours, à me réajuster. À l’instar de la contagieuse Covid, je ne veux tellement pas vous contaminer par mes lourdes pensées.

Je vous sais heureux, stimulés, auprès de vos éducatrices dévouées. Je vous laisse quelques heures, non sans pointe de culpabilité, pour me ressourcer. Ça m’a pris du temps, le réaliser; maman heureuse, enfants heureux. Cette brève séparation m’est nécessaire, voire viscérale.

Dans cette montagne ensoleillée, je solutionne mon quotidien, modifie ma perception, évacue la pression. Je m’oxygène sans retenue. Et quand je vous retrouve, je vous souffle tous ces baisers que j’ai accumulés au cours de cet intermède mesuré.

Maman a trouvé son remède. Puisse votre bonheur être propulsé par ma solitude bien nourrie. Je tâche de prendre soin de mon être pour apprécier chaque moment à vos côtés.

Prenez-vous le temps de vous arrêter?

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