Onze automnes sont passés depuis que tu es partie vers ta dernière destination. À 19 ans, j’étais une « adulte », mais une « adulte » qui avait encore besoin de sa maman. À l’époque, bien que tout mon univers s’écroulait et que je réalisais que plus jamais je ne pourrais te confier un secret, te demander un conseil sur la vie ou encore me blottir dans tes bras pour sentir ton odeur, je suis restée forte. Je suis restée forte pour papa et mon frère. J’ai essayé que ton absence nous affecte le moins possible et que notre quotidien ne change pas trop. Je n’ai pas pleuré ta perte… ou à peine.

Mais voilà que depuis presque un an, tu ne m’as jamais autant manquée. Tu me manques autant, car je suis devenue maman à mon tour, la maman de ta première petite-fille. Tu ne peux pas t’imaginer à quel point ne pas pouvoir te la présenter me fait mal. Je ne compte plus les soirs où les larmes traversent mes joues en pensant que Lili ne pourra jamais te faire un câlin. Je donnerais tout pour te voir être une mamie. Il n’y en aurait pas eu deux comme toi, tu aurais été exceptionnelle. Lili aurait ri aux éclats avec tes mille et une blagues que tu savais si bien faire.

J’aurais aimé te partager ses premières fois et ma fierté devant ses découvertes. J’aurais aimé pouvoir t’appeler quand je doute de mes compétences de mère, quand je suis angoissée par ses crises ou lorsque je suis au bout de mes solutions avec cette petite qui me défie quotidiennement. J’aurais aimé que tu viennes me donner un coup de main quand mes nuits à bercer bébé s’enchaînent les unes après les autres et que les cernes s’allongent. J’aurais aimé te voir courir après elle, la voir croquer dans tes délicieuses galettes. J’aurais aimé vous observer lors de vos moments de complicité.

Je sais que tout plein de gens autour de moi me disent qu’ils sont là et que je peux compter sur eux. Mais malgré leur disponibilité, ma douleur ne s’apaise pas puisqu’ils ne sont pas toi et ne pourront jamais l’être. Ce n’est pas de leur faute. Une maman, ça ne se remplace pas. Le soir, j’aime me faire croire que tu es tout près en train de te bercer et fredonner une comptine avec nous. Lili ne pourra jamais te serrer dans ses bras, mais je me suis promis que tu vivras à travers des anecdotes et des histoires que je lui raconterai jour après jour.

J’espère du plus profond de moi-même que tu es fière de ce que tu vois, de la maman que j’essaie d’être, c’est-à-dire une maman merveilleuse et unique comme toi.

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