C’était un matin tranquille à la maison, pas de travail ni de garderie, donc pas de presse! Les enfants jouent après avoir bien déjeuné, et moi, une fois mon café terminé, je m’engage dans une corvée difficile, mais ô combien nécessaire : je décide de m’épiler! Ce n’est évidemment pas la première fois que je me mets à la tâche alors que les enfants se tortillent autour. Mais ce matin, mon fils de 3 ans a remarqué que je m’affairais sur quelque chose qu’il ne comprenait pas, qu’il ne connaissait pas et, du haut de sa petite personne, il voulait savoir ce que maman faisait et pourquoi!  

Fiston m’a d’abord observée un moment, d’un regard inquisiteur… je l’ai laissé faire et j’ai attendu qu’il pose une première question. Du coup… je ne savais pas vraiment comment expliquer simplement ce que j’étais en train de faire! On vit dans une époque pleine de diversité, mais aussi pleine d’idées préconçues qu’on ne veut pas nécessairement imposer à nos enfants et, avant même qu’il n’ouvre la bouche pour me questionner, je tentais de déterminer de quelle façon je devais l’expliquer.

« Maman… qu’est-ce que tu fais? » me demanda-t-il.

Je lui montrai donc mon aisselle, poilue, et je lui dis : « Regarde bien, tu vois les petits poils ici? »

Il acquiesça d’un signe de la tête, les yeux un peu plissés, comme s’il essayait de comprendre avant d’avoir vu! Je m’exécutai donc : cire, bande et tirer! Ses yeux s’ouvrirent tout grand.

 « Tu vois, maman a enlevé le poil sous son aisselle! Tous les petits poils sont ici maintenant! » lui dis-je en montrant mon aisselle lisse puis la bande de cire remplie des petits poils que je venais d’arracher.

« Ohhh! » fit-il, avant de se questionner à nouveau. À voir ses yeux se plisser de nouveau, il n’y avait aucun doute, la prochaine question mijotait déjà dans sa tête. Je repris donc mon épilation en attendant de voir vers où sa question nous mènerait.

« Maman, moi aussi j’ai des poils, regarde… », me dit-il en me montrant son avant-bras.    

« C’est bien vrai, maman aussi, elle en a du poil sur le bras, regarde… mais celui-là, je ne l’enlève pas… il ne me dérange pas ! »

Il pencha la tête vers la droite et plissa les yeux un peu plus… il ne comprenait visiblement pas! Je me suis donc lancée :

« Maman enlève les poils sous ses bras et sur ses jambes, parce que je préfère quand il n’y a pas de poils. Mais les poils sur mes bras, je les aime bien, alors je les laisse là! Et toi, est-ce que tu les aimes tes poils sur les bras? » il me répondit que oui !

« Tu sais, un jour tu auras des poils sur les jambes aussi : comme papa et maman. Papa a même des poils sur le torse! Mais papa, lui il aime bien ses poils sur ses jambes et sur son torse, alors il ne les enlève pas. » Les yeux de mon petit bonhomme s’ouvrirent tranquillement : il commençait à comprendre!

« Maman… pourquoi tu ne les aimes pas les poils sur tes jambes? » continua-t-il…

« Parce que je préfère avoir les jambes toutes douces! » lui répondis-je en lui faisant toucher ma jambe.

« Ohh c’est vrai que c’est tout doux! Mais moi, je les aime, mes poils sur mes bras! » rétorqua-t-il avant de retourner jouer avec sa petite sœur.

Depuis ce fameux matin, mon fils me parle souvent de ses poils de bras et me répète qu’il ne veut pas les arracher. Je ne sais pas si finalement, je l’ai traumatisé ou si j’ai bien réussi à lui expliquer que l’important était de s’aimer et de faire nos choix pour être bien dans notre peau. Heureusement, il est encore tout-petit et j’aurai certainement la chance de bien faire passer le message éventuellement!

Et vous, comment auriez-vous abordé le sujet avec un petit curieux ou une petite curieuse de 3 ans?

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