Quand je regarde mon garçon de 14 mois, je l’imagine déjà faire ses folies/conneries/coups, du haut de ses 14 ans. Je l’imagine avec le grand sourire, les cheveux raides comme son père (et sa mère, OK...) et le pétillant dans les yeux, courant à toute vitesse entraînant ou entraîné par ses amis tout aussi malcommodes. Comme son père et moi avons fait quand nous étions jeunes.

Pour l'instant, le meilleur ami de mon fils est son chien!
Crédit : Maude Landry

Nous avons vieilli en même temps que nos amis. Nous avons franchi des étapes importantes avec eux : le bal de 6e année (b'en oui!), les premières amourettes, les premiers amours, les premiers party, les chicanes, les réconciliations, le bal de cinquième secondaire, les déménagements, les nouvelles aventures, les voyages, quelques mariages, et les bébés…

 

À travers ces aventures et ces étapes, plusieurs questionnements ont souvent refait surface. Pourquoi elle/il est comme ça? Pourquoi elle/il m’a fait ça? Parce que des amitiés, c’est b'en l’fun, mais ce n’est pas toujours rose bonbon, ça peut tourner au vinaigre assez rapidement! Et plus le temps avance, plus nos amitiés se referment sur ceux qui nous ressemblent le plus, ceux qui cadrent le mieux dans notre vie actuelle.

Ma réflexion aujourd’hui est : pourquoi? Que recherche-t-on d’une amitié? Qu’elle nous ressemble? Qu'elle soit notre reflet? Je ne crois pas, en tout cas, moi, ce n’est pas ce que je veux et ce n’est pas ce que je souhaite à mon fils. La diversité est si belle et intéressante. Avant d’en arriver à cette constatation, je suis passé par mille et une réflexions. Je n’acceptais pas cela, ni ceci de telle personne, je pouvais juger la manière de vivre, la manière de dépenser sa vie. Bon, ce n’est pas facile chaque jour de ne dire mot lorsqu’on voit quelqu’un vivre sa vie d’une manière jugée inacceptable pour moi, je l’avoue. Mais ça, c’est mon problème.

Ouin, c'est ça qui est ça.
Crédit : giphy.com

Comme je l’ai déjà dit auparavant, les grandes décisions viennent avec leur lot d’incertitudes et de déceptions. Quand mes amies et moi avons décidé d’avoir des enfants, nous n’avons pas été épargnées. Certaines ont eu la chance que tout se passe bien, et d’autres ont connu l’inquiétude, la déception, et même le deuil.

Lorsque tu as des amitiés qui durent depuis plus de la moitié de ta vie, c’est comme une relation de couple. Tu en reconnais la valeur et la force lorsque ça se passe mal, lorsque tu as besoin d’eux. Tu te rends compte que ces amies, que tu as peut-être jugées auparavant, te seront utiles, à différents niveaux, chacune pour différentes raisons. Une sera là pour te faire rire, parce que son sens de l’humour spontané et son sarcasme cinglant te font faire pipi chaque fois (t’sais, après un accouchement…). Une autre t’apportera son écoute, son calme, et peut-être même une bouteille de vin pour mieux digérer la vie. L’autre sera toujours partante pour te raconter ses histoires cocasses de fin de soirées, la même qui restera jeune à jamais. Celles qui seront là, peu importe.

Alors, pourquoi leur demander de nous ressembler, alors qu’en situation de crise, ce dont nous avons besoin, c’est de voir autre chose? Cessons de juger la vie des autres et concentrons-nous sur le positif que chacun peut nous offrir. Acceptons-nous, et acceptons-les, comme nous aimerions être acceptés (ça fait beaucoup d’acception!). Parce qu’à travers notre nouvelle vie de maman, nous voulons juste être comprises et aimées. Ne donnons même pas un peu de place au jugement, essayons juste de se mettre à la place de l’autre, un petit instant. Ça ne veut pas dire ne pas discuter/confronter/parlementer, mais simplement tendre l’oreille et ouvrir le cœur.

À go, on essaie?

Vos amitiés ont-elles été écorchées avec le temps?

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