Un manteau d'hiver en juillet? Non merci!

Crédit photo: Tami Seymour/Flickr Un manteau d'hiver en juillet? Non merci!

Je déteste qu’on me prenne pour une valise, surtout quand je sais que le gros bon sens est de mon bord.
 
Comme cette fois où un employé d’un magasin me regardait comme la pire des ignorantes lorsque je lui demandais où se trouvait le rayon du stock pour fermer la cour, la première fin de semaine d’octobre. « Ma pauvre madame, c’est rangé depuis longtemps, on est dans le stock de Noël maintenant. »
 
Excuse-moi, Einstein, mais je ne connais PERSONNE qui pense à s’équiper pour fermer sa cour au milieu du mois de juillet. Y'a toujours des limites, non?
 
C’est pour ça que j’ai fait le saut dernièrement quand, à la Saint-Jean-Baptiste, j’ai vu passer ce message sur un groupe de mamans de la région de Trois-Rivières : « Les filles, garrochez-vous ! Les habits d’hiver sont arrivés! »
 
Moi qui venais tout juste de réapprivoiser mes gougounes et mes jupes courtes, il fallait déjà que je pense à l’hiver prochain? NO WAY!
 

Crédit: Ryan Hyde/Flickr
L'été, c'est fait pour penser à l'été, point final!

 
Je suis allée constater par moi-même dans ce magasin, dont je ne ferai pas la promotion ici. Sur la table juste à côté des shorts et des maillots de bain, un shit load de pantalons de neige et de manteaux à capuchons de fausse fourrure pour une fraction du prix qu’on pourrait retrouver ailleurs.
 
C’est vrai, c’est pas cher. Mais…
 
Pourquoi? Pourquoi je devrais me soucier d’habiller ma fille pour l’hiver à la Saint-Jean-Baptiste? Qui décide de cet illogisme? Et d’abord, qui peut me dire quelle taille portera ma fille rendue en novembre? Du 5? Du 6? Je n’en sais foutrement rien tellement sa croissance est imprévisible.
 
C’est alors que j’ai entendu cette fille dire à son amie (et répondre à mon interrogation du même coup) : « prends les deux grandeurs, au pire tu en revendras une. » Et vlan ! En un instant, les grands penseurs marketing de cette compagnie viennent d’encourager big time la surconsommation.
 
Sur les groupes de revente de vêtements d’enfants, on voit en effet passer régulièrement des habits d’hiver avec l’inscription « jamais porté, acheté trop petit, étiquette encore dessus » et tout le tralala.
 
Et comment blâmer tous ces consommateurs qui en profitent? Il est vrai que le prix est avantageux pour une famille qui doit composer avec un budget serré. Même en achetant deux habits, ils paient moins qu’un seul habit acheté dans un magasin spécialisé. Ma réflexion est que personne ne mourra de ne pas encore avoir acheté l’habit d’hiver si les commerçants avaient la bonne idée de les sortir juste à la rentrée.
 
Eh bien vous m’excuserez, cher « grand magasin », mais je n’équiperai pas ma fille de vos habits d’hiver avant que je termine de manger dans ma cour, de cultiver mon jardin et d’aller balancer ma puce au parc. Mais surtout, avant de savoir que l’habit que je vais lui acheter lui fera tout l’hiver.
 
Et s’il ne reste plus de sa grandeur lorsque viendra le temps de l’équiper, je me rabattrai sur du seconde main. Il risque encore cette année d’y avoir beaucoup d’habits jamais portés, achetés trop petits, à vendre sur le Web.

Êtes-vous de ceux qui magasinent six mois d'avance les vêtements de vos enfants?

Psssttt ! Envoie-ça à ton ami!

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