Ma chienne de vie de parent : apprendre la maternité différemment

Ma chienne de vie de parent : apprendre la maternité différemment

Un an presque jour pour jour avant l'accouchement de notre petit homme, mon chum et moi sommes devenus parents.

Alors que ça faisait deux ans que nous essayions de concevoir un mini-nous, ma chienne est arrivée en période de chaleurs. Le chien du voisin a joué les Houdini durant une semaine entière. Tous les jours, il se retrouvait dans notre cour après s'être évadé de son enclos, malgré les efforts de son propriétaire pour bloquer toutes les issues possibles.

J'avais besoin de détourner mon esprit de ce bébé qu'on n'arrivait pas à avoir. Je me suis renseignée auprès d'un ami éleveur sur la vie à la maison avec une portée de chiots, ainsi que sur le processus pour les faire adopter dans les meilleures conditions possibles. Après une brève discussion avec mon chum, ainsi qu'avec la permission du voisin, nous décidons de laisser aller la nature.

Deux mois passent. On se réveille un matin et Lylou a crevé ses eaux. Il y en a un peu partout dans la maison. Environ une heure plus tard, le premier chiot commence à sortir. Malheureusement, la petite est morte avant même de prendre son premier souffle, malgré mes tentatives pour la réanimer.

Puis, vient le deuxième. Comme la première, il est en siège. Je vois ses petites pattes arrière bouger à travers la poche des eaux. La poussée s'éternise, alors je décide de donner un petit coup de main et je le tire doucement par les cuisses. La poche n'est toujours pas percée. Lylou s'en désintéresse et semble dépassée et épuisée. Après quelques minutes, je déchire moi-même la membrane et je l'approche de sa mère pour qu'il boive.

 

Quand il s'installe enfin pour téter, madame n'est pas d'accord. Elle grogne et tente de le mordre. Après avoir expliqué la situation à notre vétérinaire, elle me conseille de venir chercher de la préparation lactée à la clinique, le temps que maman accepte son bébé.

Le temps passe et les contractions ne reprennent pas. Le vet nous rassure en disant que chez un chien de sa taille, une petite portée est rare, mais possible. Tout comme les complications. Elle m'énumère les symptômes à surveiller qui pourraient présager qu'il serait bon d'aller consulter.

Le lendemain matin, elle a encore des saignements et est toujours amorphe. Elle qui déborde d'énergie habituellement. Elle se cache dans la salle de bain et réagit à peine quand je lui demande si elle veut aller dehors. C'est à ce moment que je me suis mis à appeler toutes les cliniques des alentours pour trouver celle qui pourrait l'examiner le plus rapidement possible. J'en trouve finalement une qui pourra la voir dès notre arrivée. 

Ils l'emmènent dans une salle derrière pour une radiographie. À son retour avec la radio, elle me lance un regard perplexe. « J'ai jamais vu ça... » Shit... Ça coûte cher une phrase comme ça chez le vet.

Il reste un chiot dans son ventre. Un ostie de gros chiot. Elle m'explique qu'ils pourraient lui donner de l'ocytocine pour provoquer des contractions, mais qu'elle ne croit pas que ça passera. Le mieux serait d'effectuer une césarienne d'urgence. Mon coeur de pet parent est incapable de résister à ses yeux de biche qui me regardent d'un air suppliant.


Le chiot restant est mort avec la tête coincée dans le col de l'utérus. Le vétérinaire qui l'a opérée l'a qualifié de « Méga-chiot ».
Crédit : Carolane Baribeau

 

À son retour à la maison, elle passe une semaine sans manger, isolée dans notre chambre débarras. Quand elle se sent enfin mieux, elle refuse toujours d'allaiter. Par contre, elle joue beaucoup avec son bébé, le protège de notre autre chien. Elle a joué le rôle de grande soeur plutôt que celui de maman.

Petit moment de tendresse mère-fils.
Crédit : Carolane Baribeau

 

Notre petit Boyka, nous avons dû nous lever la nuit pour le faire boire. Préparer ses biberons, nous assurer qu'il ne serait jamais seul à la maison. Nous avons dû mouiller des essuie-tout pour lui passer sur les fesses et ainsi imiter la langue de sa mère et le stimuler à faire ses besoins (Parce que ouin, un chiot, ça a besoin de se faire lécher l'anus pour faire son pipi/caca... C'est classe de même!). 
 

Boyka, à deux jours de vie.
Crédit : Carolane Baribeau

D'une certaine façon, il nous a préparé à être les parents d'un vrai bébé. Il est arrivé alors que nous n'arrivions pas à avoir notre bébé à nous. Et je ne crois pas que sa présence soit entièrement étrangère au fait que, alors qu'il était âgé de trois mois, j'apprenais enfin que j'étais enceinte.

Nous aimons nos trois chiens de façon égale, bien que ce soit de façons aussi différentes que le sont leurs personnalités. Par contre, Boyka gardera toujours une petite place toute spéciale. Celle de mon tout petit bébé chien qui m'a aidé à lâcher prise au moment où j'en avais vraiment besoin. Celle du chien le plus immature que j'ai croisé de ma vie, mais aussi tellement attachant à sa façon, avec ses yeux encore plus bleus que le ciel (qui lui ont sauvé la vie plusieurs fois après une ènième paire de bas qu'il a déchiquetée, ha).

Même à deux ans, Boyka ne veut pas qu'on oublie qu'il est encore un bébé dans sa tête.
Crédit : Carolane Baribeau

Est-ce que vous avez l'impression que vos animaux de compagnie vous ont aidé, de quelque manière, dans votre développement personnel?

Psssttt ! Envoie-ça à ton ami!

PLUS DE NOUVELLES