Pouvoir connaître son géniteur

Crédit photo: Marie-Pier G. Pouvoir connaître son géniteur

Je connais mon géniteur.
 
Bon, je l’appelle aussi papa, c’est plus friendly mais mon point est que je ne me suis jamais questionnée à savoir qui est l’homme qui m’a engendrée. J’ai la chance d’avoir toujours eu mon papa dans ma vie, toujours là pour moi, pour me conseiller, me supporter et m’encourager. Dans mon miroir, je reconnais ses yeux sur mon visage. Sur ses photos d’enfance, je vois que je ressemble à sa maman. 
 
Je n’avais pas réalisé cette chance jusqu’à ce que je visionne le documentaire « Nés de sperme inconnu » qui sera diffusé aujourd'hui à 20 h sur la chaîne Canal Vie. J’ai été sensibilisée à une réalité dont je n’avais pas conscience et à des aspects quelque peu intrigants en lien avec l’insémination artificielle avec don de sperme.
 
Au Québec, il semblerait que notre société tend à prôner l’utilisation de sperme d’un donneur inconnu. Pourtant, de nombreux spécialistes s’accordent pour dire qu’il est essentiel pour une personne de connaître son identité génétique. Le documentaire nous permet de voir la réalité de deux jeunes adultes nés de sperme inconnu en recherche de leur géniteur. Leur discours est poignant, leur colère et leur déception sont touchantes. 


Crédit: Gracieuseté de Canal Vie. 

 
Si la majorité des couples de femmes ont recours à un donneur ouvert, c’est à dire, un donneur qui est ouvert à ce que son identité soit révélée à l’enfant si celui-ci en fait la demande, la majorité des couples hétérosexuels préfèrent un donneur anonyme. Je ne sais pas pourquoi.
 
Est-ce qu’il serait possible que les hommes dans ces couples aient une espèce de honte à ne pas pouvoir être le géniteur de leur enfant? Est-ce qu’ils craignent qu’un jour, l’enfant veuille offrir une place à ce géniteur dans sa vie? Je réfléchis tout haut là, je n’attends pas de réponse.
 
Je dis que la société québécoise semble prôner le don anonyme car jusqu’à tout récemment, avant que le programme de procréation assistée soit aboli, le gouvernement remboursait totalement l’intervention lorsqu’était utilisé un don anonyme. L’utilisation de sperme provenant d’un donneur ouvert entrainait des frais pouvant aller jusqu’à 3 000 $. Bon, aujourd’hui, anyway, que l’échantillon soit anonyme ou ouvert, il faut débourser (merci encore M. Barrette). Néanmoins, je suis outrée que la capacité financière d’un couple puisse interférer dans leur décision de choisir un donneur anonyme ou non.
 
En fait, je suis outrée tout court que l’option anonyme soit offerte. Connaître ses origines génétiques, pouvoir mettre un visage sur notre bagage d’ADN, il me semble que cela va de soi. Il me semble que c’est presque essentiel même du moins, que le choix soit offert à l'enfant une fois majeur. Et j’en suis encore plus convaincue après avoir visionné ce documentaire.
 
À mettre à votre agenda avec une petite sonnerie de rappel.
 
Nés de sperme inconnu
Mercredi 18 mai, 20h
Canal Vie

Crédit: Gracieuseté de Canal Vie.

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