La comparaison entre adultes est devenue toute une affaire. Nous ne nous comparons plus juste avec nos voisins jadis gonflables. Que nenni! Au diable qui a le plus beau char ou la plus grosse piscine. Nous jouons maintenant à qui a le mieux vieilli depuis le secondaire ou qui ne s’est pas ramassé avec toute qu’une bedaine de bière.

Pis tant qu’à y être, nous comparons nos jobs, nos chums, nos enfants, nos maisons. Anyways nous pouvons tout voir de tout le monde sur Facebook. J’ai vu plus de photos de voyage de personnes que je connais très peu que de mes propres amis en chair et en os. Des nouvelles très intimes parfois (trop même?). Des selfies awesomes au restaurant la face dans l’assiette parce que c’est de la bouffe de restaurant in. Nous pouvons voir qui est marié, qui est divorcé et il n’en manque pas plus pour comparer nos relations de couple ou nos séparations.

Le problème avec tout ça c’est que ce n’est qu’une infime partie de la réalité, quand celle-ci n’est pas déformée. Tout le monde met le meilleur, le plus beau, annonce des belles affaires et montre son foutu terrassement juste quand il est fini. Il ne nous a pas montré les quatre ans qu’il a passé à se rouler dans la bouette sévèrement notre chum « Joe machin de la construction chose » en cochonnant sa maison au grand complet à chaque fois que lui, sa blonde et leurs trois enfants rentraient d’un périple à l’extérieur. Ben non! Encore moins la grosseur de son prêt personnel à la banque pour le faire, son terrassement à vingt mille piastres en cent-quatre-vingt-huit versements égaux! Nous comparons donc juste le résultat final pendant que c’est nous qui nous roulons dans la bouette.

Tout ça pour dire que nous sommes confrontés maintenant à des demi-informations, à des demi-vérités et à des demi-bonheurs à demi mis en scène. Sans que nous en ayons conscience, nous voyons défiler toutes ces vies parfaites. En apparence. Beaucoup d’apparences en plus. Malgré notre bonne volonté de ne pas céder à la comparaison, nous avons tous une journée poche pendant laquelle la vie des autres a l’air ben plus hot. Le genre de journée que nous aurions juste le goût de tout sacrer là parce que nous sommes à boutte des enfants, du couple, du travail, du ménage, t’sais de la vie au complet. Arrive alors la photo de « Matthieu aux dents trop blanches » sur son voilier à faire le tour du monde dans un décor paradisiaque SANS enfant!

Une chance, il y a aussi les vrais amis sur nos Facebook, ceux avec de vraies phrases épaisses pour nous faire rire, de vraies photos de leur petit dernier la morve au nez à moins trente qui braille de froid au festival de la glace de St-Creux-Là-Bas, leur réel constat sur la vie très imparfaite. Mieux encore, il y a ceux qui ne traînent pas leur cell partout et qui viennent souper chez nous pour jaser et nous montrer leurs photos de voyage… Même celles où ils sont penchés, dos au Kodack la craque pleine de sable.

Vous arrive-t-il de vous comparer?

 

Plus de contenu