Urgence en maison de naissance

Crédit photo: In The Light Photography/Shutterstock Urgence en maison de naissance

Il y a un peu moins de deux ans, je donnais naissance à mon premier bébé, et ce, en maison de naissance. Accompagnée de deux sages-femmes, d’une stagiaire, d’une aide-natale et de mon conjoint, j’étais très bien entourée. Malgré tout, la poussée n’a pas donné l’effet escompté.

À 41 SA et 5 jours, j’avais épuisé tous mes moyens pour provoquer l’accouchement – autant laver le plancher à quatre pattes que sautiller sur un ballon ne donnaient de résultat. Certes, j’avais des contractions de latence, mais je stagnais à 3 cm d’ouverture depuis 44 heures. Ma sage-femme m’a donc rompue les eaux, et nous avons prié que bébé sorte en 24 heures (autrement, c’était l’hôpital!). Sans liquide amniotique pour absorber le choc des contractions, celles-ci étaient insupportables et me faisaient sortir de ma bulle de concentration. Cela a pris 9 heures en tout pour atteindre le fameux 10 cm, et nous avons pu m’installer pour la poussée.

Par contre, après 53 heures de contractions, mon corps était extrêmement fatigué et bébé l’était tout autant. Mes poussées devenaient franchement inefficaces. Mes sages-femmes m’ont proposé plusieurs positions. La stagiaire me massait les pieds (j’avais d’énormes crampes à la plante des pieds!) et mon conjoint me murmurait des phrases d’encouragement.

Lorsque bébé a finalement pointé le bout de son nez, après plus de 3 heures de poussées, son battement cardiaque avait faibli et il était amorphe. Heureusement, mes sages-femmes avaient prévu le coup, en monitorant le rythme cardiaque fœtal tout au long du travail, et en surveillant l’état du bébé lorsqu’il était encore coincé entre mes jambes. Elles ont appelé l’ambulance avec beaucoup de discrétion. Le chariot de réanimation a été placé à côté du lit et la stagiaire a préparé la bonbonne d’oxygène.
Une fois né, mon garçon ne respirait pas. Son APGAR était à 1. Les sages-femmes ont vite coupé son cordon ombilical. Elles l’ont placé sur la table de réanimation. Une sage-femme m’a demandé d’appeler fiston par son nom pour lui faire comprendre qu’il devait se réveiller. L’aide-natale s’est occupée de moi en attendant, m’essuyant les jambes et surveillant l’expulsion du placenta. En quelques minutes, j’ai enfin entendu le plus beau son qu’il m’a été donné d’entendre dans ma vie. Mon bébé a lâché son premier cri. Rapidement, fiston a retrouvé son souffle et il a été déclaré hors de danger. Il a été placé dans mes bras, et j’ai pu enfin faire sa connaissance.

Par la suite, bébé a été monitoré pour s’assurer que sa respiration n’était plus obstruée, tout en restant toujours dans les bras d’un de ses parents. En aucun cas il n’est sorti de la chambre. J’ai toujours pu avoir un œil sur lui. L’ambulance repartie, sans avoir été nécessaire.
 
Cette expérience intense m’a prouvé qu’une sage-femme peut tout aussi bien faire le travail d’un médecin accoucheur. L’équipe a géré d’une main de maître cette urgence, sans mettre de côté le papa et la maman qui paniquaient un brin. Leur présence, leur humanisme, leur chaleur et leur transparence ont fait en sorte que cette aventure en maison de naissance restera malgré tout un merveilleux souvenir. Et c’est pourquoi, à cette deuxième grossesse, je suis encore suivie par une sage-femme.

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