« Maman, tu es grosse »

Crédit photo: Kekyalyaynen/Shutterstock « Maman, tu es grosse »

J’ai toujours eu un rapport difficile avec mon poids. Disons que j'ai l'appétit d'une Gilmore girl sans la magie du petit écran.

Crédit : Giphy

Ça a toujours été un grand complexe pour moi de ne pas être aussi mince ou aussi jolie ou aussi hot que les autres. Par contre, quand j’ai eu des enfants, ma perception de mon corps a changé.  Je me suis mise à me détacher un peu plus, à le prendre moins au sérieux, à trouver moins important de respecter ces standards de beauté arbitraires. J’ai pris du poids après chaque grossesse, et je n’ai jamais eu comme priorité de le perdre. Je suis en santé, je mange bien, je me permets d’apprécier la nourriture sans me priver, mais mon énergie, je la garde pour ce que je trouve important, comme passer du temps avec les enfants, gérer notre famille ou prendre du temps pour moi.

Mais vous savez, la petite voix complexée dans ma tête n’est jamais bien loin. Un soir, la semaine dernière, avant que nous nous mettions à table pour souper, ma fille prend un air grave et me dit qu’elle doit me parler. Nous nous installons à la table à manger (pendant que mon repas brûle sur le feu, évidemment). Je m’attends à ce qu’elle me raconte sa journée ou qu’elle me montre le nouveau mot qu’elle arrive maintenant à écrire. Mais pas du tout. Elle me dit plutôt :

« Maman, une amie du service de garde a dit des choses méchantes sur toi.  Elle a dit que…
— Quoi, ma chérie?
— Que tu es grosse et que tu as un gros nez.
— … »

Je l’avoue. J’ai complètement figé. J’ai eu un petit rire nerveux et j’ai marmonné un « bien là, ce n’est pas très gentil », en me levant pour retourner à mon souper qui brûlait.

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Je me faisais juger par une enfant du primaire, dont je ne connaissais même pas le nom.  Et ça m’a blessée bien plus que je ne pouvais l’admettre. Bon, l’insulte sur la taille de mon nez était plutôt drôle, à bien y penser (je vis très bien avec la taille de mon appareil olfactif, merci). Mais, que je le veuille ou pas, la mention de mon surpoids de la bouche de ma fille m’a grandement troublée. 

Nous avons abordé à nouveau le sujet un peu plus tard, quand mon émotion était sous contrôle. J’ai tenté du mieux que j’ai pu de lui expliquer que même si je suis bien avec mon corps, rien ne justifie un tel jugement sur les gens, sur leur apparence, sur leurs différences. Que la circonférence de la taille d’une personne n’est pas matière à jugement, pas plus que la couleur de sa peau ou la taille de ses pieds.

Je ne sais pas si ma fille m’a comprise, je ne suis pas certaine d’avoir eu toute son attention (damn Pat’Patrouille). Ce sera probablement une discussion à avoir à nouveau dans les années à venir.


Avez-vous déjà eu ce genre de discussions avec vos enfants?

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