C’est le moment de briser les mythes entourant les femmes sans enfant. Je vais parler pour moi, car je ne peux prétendre pouvoir parler pour les autres. Je ne suis pas étrange, je ne suis pas un monstre, je ne suis pas égoïste, je ne juge pas celles qui en ont. Loin de là! Toutes mes amies sont mamans. Toutes! J’aime leurs enfants. Infiniment.

Quand je rencontre de nouvelles personnes, on me demande dès les premières bribes de conversations, combien j’ai d’enfants. Ma réponse laisse toujours place à un certain malaise. C’est drôle, je trouve. La majorité pense que c’est parce que je suis infertile ou que mon conjoint l’est, d’autres se disent que je ne dois pas avoir de cœur. Je sais, je le lis dans leurs yeux. Peut-être justement que c’est parce que mon cœur est entièrement là, que je n’en ai pas, d’enfant. Que mon cœur à moi est trop sensible pour pouvoir supporter une si lourde responsabilité. Peut-être.

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Si vous saviez seulement combien j’aime les enfants… Parce que je me vois continuellement en eux. Parce que, de tous les êtres humains, c’est d’eux dont je me sens le plus près. Parce que j’ai sûrement le syndrome de Peter Pan. Parce que chanter des comptines en sautant et dansant avec les enfants de ma meilleure amie est juste naturel pour moi, que ça ne me demande aucun effort! Parce que je me dis qu’un enfant ne peut tout simplement pas élever un enfant.

Aussi parce que je comprends les enfants. Profondément. Je sais exactement comment ils se sentent quand ils ont de la peine. Je sais le vide dans leurs petits cœurs quand un être cher leur manque. Je connais aussi leurs petits trucs de manipulation. Je lis en eux parce que je me souviens tellement de moi à leur âge. Je me souviens de chacune des émotions ressenties à toutes les étapes de mon évolution. Oui, je suis un humain hyper sensible, je sais.

Aimer les enfants des autres, c’est pleurer quand je vois le fils de mon meilleur ami courir dans les bras de son grand-papa et lui faire un immense câlin, parce qu’il s’est vraiment ennuyé de lui. Aimer les enfants des autres, c’est être toute à l’envers parce que mon troisième filleul, pas colleux pour deux cennes, me saute dans les bras dès que j’entre dans sa nouvelle deuxième maison, parce que je sais qu’il vit des choses pas faciles et qu’il a choisi de prendre son réconfort dans mes bras. Aimer les enfants des autres, c’est sentir un vide immense parce que le jeune fils d’un couple d’amis a perdu la vie tragiquement au printemps dernier et que je le pleure encore aujourd’hui.

Non, je n’ai pas d’enfant. Mais j’aime les enfants. Oui, ça se peut. Je ne sais pas et ne saurai jamais ce qu’est l’amour d’un parent pour son enfant, mais celui que je ressens pour les enfants importants dans ma vie, c’est l’amour coup de poing, celui qui fait mal, mais tant de bien en même temps. 

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