Un cruel besoin de se sentir irremplaçable

Crédit photo: Chubykin Arkady/Shutterstock Un cruel besoin de se sentir irremplaçable

J’ai toujours été une personne hyper maternelle. Ayant trois frères aînés, il est facile de penser que j’étais la princesse de la famille. Loin de là.
                                        
Je ne sais pas d’où ça vient, ce besoin d’être là, d’encadrer, d’organiser, de planifier les choses, mais il fait partie intégrante de moi. La plupart du temps, je dirais que ce sont des qualités qui rendent service à mes proches. Je pense que ce trait de caractère est une de mes forces.
 
Cependant, lors de mes études, j’ai développé des relations d’amitié plus étroites. Dans ma vie d’adulte, j’ai commencé à prendre soin de mes amies comme je le faisais, plus jeune, avec mes frères. J’ai alors développé un cruel besoin de me sentir irremplaçable dans la vie des gens qui m’entouraient et qui ne faisaient pas partie de ma famille. J’ai donné. Beaucoup. De moi. De mon temps. Un toit. Mes sous, parfois.
 
Puis la vraie vie m’a happée de plein fouet : devenue belle-maman à 22 ans seulement, comment allais-je pouvoir devenir irremplaçable dans la vie de ces trois hommes-là qui, jusqu'à présent, s’étaient très bien passés de moi?

Je me suis mis une pression énorme dans le but de devenir la femme qui allait les « sauver » (Really? Les sauver de quoi? Je ne sais pas, moi non plus!) Sans les sauver, je tenais à devenir indispensable. En vérité, j’étais terrorisée à l’idée de perdre cette nouvelle famille qui s’offrait à moi.
Le stress que je me suis imposé faisait parfois SOUVENT de moi une personne irritable. Non seulement j’étais fatiguée et cela se voyait à mon humeur, mais en plus, je n’arrivais pas à être à la hauteur des critères que je m'étais fixés. Pour couronner le tout, je nourrissais de la rancune inutile envers mon conjoint, trouvant qu’il n’en faisait pas assez (hum hum), comparé à moi, qui essayais de jongler et de cadrer à mon nouveau mode de vie. Je ressemblais à un canard, en apparence tout calme, mais qui pédale sans relâche sous l’eau.

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En fait, j'étais plutôt en train de me noyer... 
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Aujourd’hui, je suis pas mal plus chill dans mon mode de vie. Oui, j’aime toujours ça, quand ma maison est propre et que tout est rangé à sa place. Sauf que j’apprends à lâcher prise. La vaisselle sale du souper attend souvent au lendemain matin pour être lavée. Je cache mon linge sale dans la laveuse pour ne pas que mes paniers à linge semblent pleins (ha ha ha, oui je fais ça!) Je pars parfois le matin alors que les restes du déjeuner des enfants traînent encore, parce que j’étais trop pressée et qu’ils mangeaient devant la Pat' Patrouille.
 
Si la Mireille d’il y a deux ans me voyait, elle ferait une attaque. (Ou elle serait morte de jalousie?) Je suis soulagée de me défaire un peu plus chaque jour de ce petit démon intérieur et de laisser le stress de côté. J’y travaille encore activement.
 
Avez-vous déjà ressenti ce besoin de vous sentir indispensable? 

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