Une ou deux fois par année, je pars dans cette ville qui m’aura formé l’esprit et aura fait de moi la femme que je suis. Je retourne aux sources, revivre cette vie de réflexion, de fêtes et de liberté.
Une fois ou deux par année, nous nous rejoignons dans le petit 4 ½ d’Ariane, dans cette ville où nous avons étudié, et où nous avons su créer des liens si forts, une deuxième famille, alors que nous étions si loin de la nôtre.

Une fois ou deux par année, j’oublie la maman que je suis, je redeviens cette femme pleine d’énergie et d’ambition, le temps d’une fin de semaine.

Plus les kilomètres me séparent de la maison, plus mon cœur s’emballe, je sais que je ferai la fête, que je pourrai philosopher jusqu’à l’aurore. Que je tenterai d’être seulement une femme, d’oublier que j’ai des responsabilités… C’était pourtant si facile, il y a 10 ans, alors que mon corps m’appartenait complètement, que je n’avais qu’à penser à moi, que ma maison était l’endroit où je me trouvais…

Maintenant, j’ai l’envie de m’endormir rapidement pour me réveiller le plus tôt possible et rentrer à la maison. Bien que ces moments me fassent le plus grand bien, la distance des 250 kilomètres me fait prendre conscience de cette vie de maman parfois si difficile, mais si enrichissante. La distance me rappelle pourquoi j’ai choisi de faire pousser des enfants avec lui, mon J-B.

La distance me donne l’envie de rentrer et de faire un câlin à ma Blanche. Même si mon absence ne dure qu’un instant, Blanche me manque, son sourire, ses petits mots… Mon cœur ne peut plus se séparer d’elle, je la porte encore en moi, malgré son âge.

La distance me fait prendre conscience que je l’aime, cette vie de routine, de plancher constamment sale des maladresses de ma fille et de brassées de lavage interminables… Cette routine qui peut parfois être si étouffante…me manque, après seulement quelques heures.

Et puis, au petit matin, je vous dis au revoir, à vous, mes chères amies de mon cœur et je rentre en vitesse à la maison, vous dire si je pouvais rouler à plus de 120 kilomètres-heure! Plus je me rapproche de la maison, plus mon cœur s’emballe, Blanche et mon J-B me manquent, comme si cela faisait un siècle que j’étais partie.

Je savoure ce moment, où je me demande ce que vous êtes en train de faire. Je me rapproche, je serai à la maison dans 60 minutes puis dans 30 minutes. J’ai si hâte de vous revoir, je profite de l’ennui qui m’habite pour penser à vous deux, mes amours qui êtes maintenant toute ma vie.

J’arrive dans les rues tout près de la maison, arriver, vite, pour vous prendre dans mes bras et vous sentir… Pour me rappeler soudainement avec une lucidité sans pareille ce pour quoi j’ai choisi cette vie. Pendant cet instant de bonheur, il n’y a plus de remise en question, plus de découragement…

Finalement, le plaisir de partir n’est-il pas celui de revenir?

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