J'ai appris ma grossesse par une crise d’épilepsie

Crédit photo: Chaikom/Shutterstock J'ai appris ma grossesse par une crise d’épilepsie

Complètement lessivée d’un automne trop chargé au boulot et d’un temps des Fêtes overbooké, je suis chez mes parents pour le temps des Fêtes. Je me réveille la veille du Jour de l’an avec le plus gros mal de tête de l’histoire des maux de tête. Tellement que j’en ai mal au cœur. Deux atasols, j’appelle mon chum – qui termine son shift de nuit dans le Nord – et je retourne me coucher, mon chien à mes pieds. 

Lorsque je me réveille plus tard dans la journée, je suis confuse et je n’ai plus de mémoire à court terme : je ne me souviens même pas d’avoir parlé à mon chum le matin même.  Mes parents s’inquiètent un peu, mais j’insiste pour reprendre la route rapidement pour revenir dans ma maison et dans mes affaires. 

Il me manque toujours quelques jours de souvenir. En fait, entre Noël et le Jour de l’an, c’est le néant. Il n’y a que les photos sur mon cellulaire qui me rappellent ce que j’ai fait. Pire feeling au monde, surtout pour moi, la fille qui est capable de se rappeler de ce qu’elle a mangé pour déjeuner le lundi d’il y a deux semaines.

Quelques jours plus tard, je rencontre finalement un neurologue d’urgence, considérant mes antécédents d’épilepsie infantile. Petite, j’avais déjà été médicamentée à la suite de crises nocturnes et mon épilepsie devait, m’avait-on dit, ne jamais revenir. Le neurologue regarde mes résultats et me confirme ce que j’avais deviné : mon épilepsie est bel et bien revenue. Il commence à me parler de médication et je lui demande de vérifier les résultats de mes prises de sang afin de m’assurer que je ne suis pas enceinte parce j’avais arrêté la pilule contraceptive récemment. Il ouvre les résultats, me regarde et me dit : « euh…, tu ES enceinte ! ».  

Oubliez les beaux scénarios à attendre la petite ligne rose sur le test de grossesse avec mon chum, les deux un peu nerveux et fébriles. Moi, c’est un mercredi après-midi dans le bureau d’un neurologue que j’ai appris ma grossesse, mon chum à des milliers de kilomètres! Mon médecin ajoute : « wow, tu es ma première patiente à qui j’annonce une grossesse! » 

Hyper stressée de commencer de la médication en début de grossesse, j’épluche un peu les sites Web pour voir si d’autres personnes ont vécu la même chose que moi : pire idée au monde. Je suis encore plus stressée! C’est toujours une mauvaise idée de googler ses symptômes sur le Web. Une seule chose m’apparaît possible : faire confiance en la vie et aux spécialistes qui me suivent. Heureusement, le reste de ma grossesse et mon accouchement se sont déroulés sans aucun problème.

Encore aujourd’hui, l’épilepsie est un trouble neurologique mal connu, car trop souvent associé à des crises spectaculaires. Mon type d’épilepsie – une épilepsie frontale – touche moins de 10 % des gens vivant avec des troubles (souvent des crises nocturnes). Selon mon neurologue, c’est environ 1 % des épilepsies frontales infantiles qui reviennent à l’âge adulte. Disons que j’aurais préféré être dans le faible pourcentage de gens qui gagnent à la loterie!

Aujourd'hui, c'est la Journée Lavande : une initiative de Cassidy Megan. Pourquoi cette journée? Pqrce que les gens vivant avec l’épilepsie sont encore parfois confrontés à des préjugés, alors que la majorité peut mener des activités quotidiennes normales. Dans mon cas, mes capacités ne sont affectées, puisque mes crises sont rares et entièrement contrôlées avec la médication. Et surtout, surtout, ça n’a pas eu d’impact sur mon mini, ce qui est le plus important pour moi.

Est-ce que votre grossesse était également synonyme de problèmes de santé ou de maladie en particulier ?
 

Psssttt ! Envoie-ça à ton ami!

PLUS DE NOUVELLES