L’infertilité, celle qui bouscule la vie

Crédit photo: unsplash/Pixabay L’infertilité, celle qui bouscule la vie

J’avais tout. Le mari aimant, le beau condo, la bonne job, les voyages, les amis. La seule chose qui manquait à mon bonheur, c’était des enfants. Même si j’avais fait des longues études, même si j’avais attendu quelques années après mon mariage, je savais que c’était ça, la chose la plus importante dans ma vie. Plus que ma carrière. Après tout, j’avais tellement été heureuse avec mes parents et ma sœur. On formait une famille unie, on se disait tout, on se faisait vraiment confiance. Je voulais tellement reproduire ça. Ça ne pouvait pas se passer autrement.

Alors on a essayé. J’ai arrêté la pilule. On a fait l’amour au bon moment. Et mes règles ne sont pas venues, dès le premier mois! Joie! Mais un petit doute dans mon esprit, quand même. Parce que j’avais vraiment jamais eu de règles très régulières, et même souvent pas de règles du tout. Je prenais des hormones quelques fois par année pour déclencher le cycle, ou alors, quand je prenais la pilule, j’arrêtais pendant une semaine pour avoir mes règles de temps à autre. Ma médecin était chill avec ça, tout était sous contrôle.

Un premier test, négatif. Un second, également. Toujours pas de règles. Rendez-vous avec mon médecin. « Si tu n’es pas enceinte d’ici Noël, va voir la gynéco. Elle devrait te donner quelque chose pour ovuler, et un mois après, tu es enceinte. » J’espèrais! Je me mettais tellement de pression. Je sentais que j’étais en retard sur mon plan de vie. On avait attendu la fin de mes études. Ensuite une autre année que j’aie un emploi et que mon chum soit prêt. Au début de mon mariage je ne voulais pas d’enfants tout de suite, alors il n’y avait pas de pression. Mais depuis deux ou trois ans, ça me travaillait sérieusement. Depuis mes 30 ans encore plus. J’avais secrètement rêvé d’avoir deux enfants avant 30 ans. Là je n’en avais même pas un. Et pour la gynéco, vue après Noël, ce n’était pas si simple. Il y avait une panoplie de tests médicaux à passer. Pourquoi c’est si compliqué donc? Pourquoi ça nous arrive à nous?

Toujours pas de test positif, plusieurs mois plus tard. Et tout le monde qui vous dit que vous ne devez pas stresser. Que leur cousine est tombée enceinte quand elle a arrêté d’y penser. Bin oui, facile à dire! La pression que je me mettais, toute cette inquiétude. Je me sentais inadéquate. Incapable de tomber enceinte. Pas de règles. La culpabilité est venue. L’inquiétude, aussi. Je ne réalisais pas que toute cette pression, c’est surtout moi qui me la mettais. Pas mon chum. Pas ma famille. Pas mes amis. Moi. Ça a été la première chose à désamorcer. Parce que l’infertilité, ça fait maintenant deux ans et demi que je vis avec. La première chose que j’ai dû faire, c’est me pardonner, et me donner le droit de capoter, de vivre toutes ces émotions vraiment intenses même si ça faisait juste six mois qu’on essayait. Et d’accepter cette nouvelle situation dans ma vie.

Vous êtes-vous déjà donné le droit de vivre certaines émotions liées à la grossesse ou l’infertilité?

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