L’anxiété, cette petite bête noire, s’est invitée chez nous sans crier gare. Je ne l’ai pas vu venir, prendre le contrôle de certains aspects de la vie de mes fillettes. Il faut dire qu’elle est sournoise et insidieuse, on la côtoie tellement partout, allant même jusqu’à être socialement valorisée parce qu’associée à la performance, qu’on ne se méfie pas. Or elle a pris d’assaut ma famille et je m’en suis voulu de n’avoir pas été plus préventive. Pourtant, je savais que j’étais portée sur les insomnies, les scénarios catastrophes, les inquiétudes à répétition, le stress. Je m’astreignais d’ailleurs à différentes activités pour tenter de maîtriser tout ça : yoga, écriture spontanée, ateliers de créativité… J’étais proactive, car je ne voulais pas que l’anxiété prenne le dessus. Sauf que j’ai manqué de vigilance, l’anxiété peut être contagieuse : ça se transmet et mes filles l’ont comme attrapée!
 
Heureusement, on peut prendre en charge ce trouble! Première étape, reconnaître le problème. Un jeune enfant qui souffre d’insomnie, qui s’imagine toujours le pire, qui préfère ne pas participer plutôt que de prendre le risque de perdre ou de se tromper, qui a des tics moteurs récurrents, qui a souvent mal au cœur ou mal au ventre le matin avant de quitter pour l’école, devraient vous mettre la puce à l’oreille. Attention, je ne dis pas qu’il faut s’autodiagnostiquer et apposer une étiquette à votre petit. Je parle seulement ici d’une lumière jaune qui devrait s’allumer dans votre tête si votre enfant présente l’un ou l’autre de ces symptômes. Cette lumière d’avertissement ne s’est pas déclenchée dans la mienne. Pas assez rapidement en tous cas. Si j’avais été plus sensible, ou du moins plus sensibilisée, j’aurais réagi plus vite aux premiers signes et j’aurais tout de suite tenté de mettre en place des outils pour aider à gérer l’indésirable visiteur qui s’installait dans la vie de mes petites.
 
 Les outils constituent d’ailleurs la deuxième étape. Une panoplie de moyens existent pour apprendre à dompter la bête (quand l'anxiété n'est pas généralisée et qu'elle ne nécessite pas l'intervention d'un professionnel) : visualisation, relaxation, yoga, massages adaptés, respirations profondes, techniques de polarité (une main sur la poitrine, l’autre sur le ventre) ou de « tend-détend » (on crispe tous les muscles et on relâche), autorégulation (chasser les pensées toxiques, identifier quand on fait du 1+1=4, etc.), gadgets pour s’occuper les mains et évacuer les tensions (tangles, balles de stress), livres qui contiennent des exercices pratiques tels que Incroyable Moi maîtrise son anxiété, planificateurs familiaux, coquilles insonorisantes, et bien d'autres.

Des dizaines d’outils ont été créés pour apprendre à mieux vivre avec l’anxiété. Il faut par contre avoir la discipline de les utiliser. Et quand on prend l’habitude d’y avoir recours en bas âge, ça devient un peu comme un automatisme, on a moins besoin de se discipliner.
 
Troisième étape, si la précédente ne suffit pas : faire appel à un spécialiste qui sera plus en mesure d’établir un vrai diagnostic et de fournir à notre enfant des solutions qui conviennent parfaitement à son état.
 
Ces trois étapes ont aidé mes filles à apprivoiser et surmonter leur anxiété, mais à chacun de trouver sa formule. L’important, c’est de garder ses antennes aiguisées pour détecter sa présence et trouver les moyens de la contenir. Je ne veux pas que mes enfants soient dévorés par l’anxiété, et vous non plus.   
 
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