Ça y est : Bout d’Chou est propre! Une fin de semaine d’efforts intensifs, et voilà! C’est en culottes que nous l’avons amené à la garderie au début de la semaine suivante. Nous jubilions. C’était la fin des couches. La Grande Victoire. Le point culminant de nos vies de parents. Nous pensions déjà à l’espace gagné dans le sac à couches, à l’allègement soudain de la corvée de lavage-pliage-assemblage de nos couches lavables et au poids réduit de nos bagages lors du prochain voyage.

Ha! Quelle belle naïveté. Ça fait maintenant trois semaines que Bout d’Chou est propre, et si les pipis sont super bien maîtrisés, il fait presque systématiquement ses cacas dans ses culottes. Pas que ce soit anormal ; dans le cas de Coco, ç’avait mis deux mois à se placer. Sauf que Coco a eu à peine quelques accidents pendant cette période. Bout d’Chou, lui, en a pratiquement tous les jours. Lorsqu’il revient de la garderie avec les pantalons qu’il portait le matin, nous sommes étonnés. Les pauvres, pauvres éducatrices qui doivent ramasser du caca tous les jours.

Et que dire des sorties? Il semble que nous fabriquions uniquement des enfants qui craignent les toilettes publiques. Il faut donc traîner le pot partout. Nous avions dû le faire aussi pour Coco, mais comme à l’époque nous utilisions encore une poussette pour Bout d’Chou, le transport de la chose était plutôt simple. Aujourd’hui, la poussette est remisée. Êtes-vous déjà allés magasiner avec un pot dans les mains?

Et ça, c’est sans parler des séances de négociation pour convaincre bébé-qui-ne-veut-pas-interrompre-son-jeu d’aller sur le pot. Viens, on va sur le pot, Bout d’Chou. Préfères-tu la toilette? Quel jouet veux-tu apporter? Tu vas pouvoir mettre un collant sur le tableau de motivation. N’oublie pas que tu pourras piger dans le sac à surprise ensuite! Et quand, enfin, un argument finit par le convaincre et qu’il accepte de s’installer sur son pot avec un livre, vous croyez que ça s’arrête là? Bien sûr que non, le problème s’inverse plutôt : il ne veut plus se relever. À première vue, quinze minutes passées sur le pot, ça ne semble pas problématique, mais quand on parle du pipi à faire avant de partir pour la garderie ou de prendre le bain, il faut vraiment le prévoir à l’horaire.

D’autre part, Bout d’Chou n’a pas tardé à voir dans cette propreté balbutiante un outil à ajouter à son arsenal de perte-de-temps-avant-le-dodo. Ainsi, quand il a eu son histoire, sa berceuse et son verre d’eau, et que je lui ai flatté le dos quelques secondes, il affirme : « Envie de pipi. » Deux fois sur trois, ce n’est même pas vrai. Mais on ne refuse pas le pot à un bébé en apprentissage...

Vraiment, les débuts de la propreté, c’est loin d’être la libération anticipée. Je le savais, pourtant. J’avais juste eu le temps de l’oublier. Alors parfois je jette un regard en biais à mes couches et je me dis qu’à bien des égards, elles me simplifiaient franchement la vie.

Plus de contenu