Prématurité, culpabilité et pardon

Crédit photo: Ben White/Unsplash Prématurité, culpabilité et pardon

Cette semaine est une semaine bien contradictoire et vive en émotions : c’est le premier anniversaire de ma petite pressée. Un an déjà que mon univers a basculé pour accueillir cette petite merveille qui n’avait pas fini de me surprendre. 

Cette semaine, je revis les moments passés, les jours qui ont précédé mon accouchement prématuré avec beaucoup de culpabilité. Un an déjà et je ne l’ai toujours pas digéré. J’en veux toujours autant à mon corps de m’avoir lâchée, à ma tête de s’être tant obstinée, à moi-même de ne pas m’être écoutée davantage. Je m’en veux d’avoir fait vivre un début de vie si difficile à la prunelle de mes yeux, de n’avoir pas su la garder plus longtemps bien en sécurité dans mon ventre, de n’avoir pas su la protéger. 

Je m’autoflagelle à grand coup de  « si ». Si je n’avais pas travaillé autant, si je n’avais pas fait toute cette route, si j’étais restée debout moins longtemps, si j’avais écouté les signaux d’alarme que mon corps m’envoyait, si je m’étais rendue à l’hôpital plus tôt, est-ce que tout cela serait arrivé tout de même? Ma tête me dit que ça se serait probablement passé de la même façon, mais mon cœur n’arrive pas à se déculpabiliser. 

Aujourd’hui, j’ai regardé ma fille sourire, rire, applaudir ses bons coups, danser, jouer, grandir et apprendre. J’ai vu ma fille me regarder avec tant d’amour dans ses grands yeux en m’appelant maman et je me suis dit que c’était assez. Aujourd’hui, j’ai décidé de me pardonner. D’aller de l’avant. Pour elle. Pour moi. Aujourd’hui, je réalise que la naissance précoce de ma fille ne fait pas de moi une mauvaise mère. Bien au contraire. Je crois avoir largement mérité mon titre à travers cette aventure. Je lui ai donné le meilleur de moi-même avec amour et dévouement, j’ai toujours été présente pour elle, j’ai passé un nombre incalculable d’heures à tirer mon lait, à la nourrir, à la bercer, à l’apaiser, à jouer avec elle, à travailler sa motricité globale et fine afin de rattraper son retard et j’en passe. Je ne suis pas parfaite. Oh non! Mais je suis humaine et c’est ça être mère au bout du compte. 

Ma fille va bien et elle est maintenant en parfaite santé. Sa naissance fait partie d’elle et la rend plus forte. Je suis tellement fière de la petite personne qu’elle devient. À quoi bon ressasser le passé puisque je ne peux malheureusement pas le changer. 

Aujourd’hui, j’ai décidé de me tourner vers l’avant et de mettre mon énergie à m’efforcer d’être une bonne maman pour elle au lieu de m’épuiser à m’en vouloir constamment. Est-ce que j’aurai des rechutes? Sans doute! Mais lorsque j’en aurai, je regarderai ma fille et me remémorerai nos bons moments. Je féliciterai mon corps d’avoir conçu et mis au monde une petite merveille au lieu de me concentrer sur la façon dont elle est née. Pendant mon hospitalisation, une gentille infirmière m’a dit : « Vous savez, madame, les cadeaux de la vie n’arrivent pas toujours emballés comme nous le souhaiterions, mais ils restent des cadeaux inestimables ». Comme elle avait raison!

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