Je suis devenue mes parents - Partie 1

Crédit photo: qimono/Pixabay Je suis devenue mes parents - Partie 1

Il y a de ces moments où on dit quelque chose et où on croirait entendre une autre personne parler à travers nous. De ces moments où on fait quelque chose, puis on s’arrête, surpris : « Woah! On dirait ma mère! » Il y a ces petits gestes qu’on répète sans le vouloir, et qui nous font comprendre que la génétique ne ment pas. Ou est-ce une question d’éducation?

Voici la première partie des exemples de moments où j’ai vraiment l’impression d’être devenue… mes parents.
 

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La salive comme agent nettoyant
La première fois où vous le faites, vous voyez la scène au ralenti et en gros plan, comme dans un film. Vous entendez votre propre jugement voler en éclats dans un coin de votre cerveau. Votre petite voix intérieure vous demande si vous êtes vraiment en train de faire ça. Eh oui! Votre doigt s’est élancé, vous ne pouvez plus reculer. Vous le voyez se déposer contre votre langue, puis contre la joue de votre progéniture. La petite tache de compote est partie, en même temps qu’un bout de votre dignité.

Les regards remplis de tendresse
Je me souviens de la gêne que je ressentais, enfant, quand je surprenais un regard maternel  trop plein d’amour. Le même sentiment m’envahissait quand, derrière ses lunettes fumées, ma grand-mère m’envoyait un clin d’œil complice, doublé d’un grand sourire. Dans ma tête, je me disais : « Voyons, pourquoi elle me regarde comme ça, elle? » Je me sentais transpercée par leurs regards, je les trouvais beaucoup trop intenses. Ce regard, on ne peut pas le comprendre, jusqu’à la première fois où on le lance soi-même. « Comme une flèche d’amour qui vient de me toucher, entre les deux yeux », aurait dit Marilou dans une autre vie. Et je me surprends très souvent à observer mon enfant avec ce même regard qui le gênera plus tard. Désolée d’avance mon bonhomme, je ne peux pas m’en empêcher.
 

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Souper des craquelins
Ma mère me propose souvent ça en visite et mon regard me trahit. J’ai toujours trouvé qu’il manquait énormément de consistance dans un repas composé de craquelins avec quelques morceaux de fromage. Si le repas est consommé en position debout, sur un comptoir au lieu d’une table, c’est encore pire. Prendre une poignée de noix et se la crisser dans la bouche en faisant un son qui s’apparente à « menoum, menoum, », c’est ajouter l’insulte à l’injure.

Mais il fut une période où, en congé de maternité, je n’avais ni le temps ni l’énergie de cuisiner. Quand la diète de bébé se composait seulement de mon lait, que les soupers en famille n’étaient encore qu’un beau projet, je grignotais quelques craquelins entre deux tétées groupées et j’avais une pensée pour toutes ces femmes qui l’avaient fait avant moi. Le pire, c’est quand je me penchais sur le parc de bébé la bouche pleine, en mâchant bruyamment lesdits craquelins… Je ne sais pas pourquoi, mais je me faisais penser à une « matante » encombrante. Je ne sais pas laquelle, je n’ai pas de tante en particulier qui fait ça, c’est juste une impression générale. Je ressens un profond dégoût pour le bruit que les gens font en mangeant, et là c’est comme si j’imposais ma propre mastication à mon fils à deux pouces de son visage, en plus de le toucher avec mes doigts sales. Dégueulasse.  



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Avez-vous aussi des exemples d'habitudes dans lesquelles vous reconnaissez vos parents? Moi, j'en ai d'autres dont je vous parlerai dans la deuxième partie de ce texte...

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