La fois où j'ai mis mon coeur dans un sac d'école

Crédit photo: Pete Bellis/Unsplash La fois où j'ai mis mon coeur dans un sac d'école

En février 2013, je suis devenue maman d’une petite fille. J’vous le cacherai pas, ma vie a changé. C’est une autre ball game avoir un enfant. Je dis toujours qu’on est pu libre pantoute. Pas physiquement. Nenon. Mentalement. Je pense à mes enfants plusieurs fois par jour. Ça serait faux de dire tout le temps, mais je pense en fonction d’eux tout le temps. La liberté d’esprit, c’est fini.

Là, elle s’en va à la grande école, pis j’ai la chienne. Je suis pas prête. J’ai pas envie de la laisser partir. C’est grand l’école. Y'a beaucoup d’amis. Pis les amis, c’est pas tout le temps fin. Pis je veux pas qu’elle ait de la peine. J’entends déjà dire : « Ouiiiiiii, mais c’est pas possible qu’elle ait jamais de peine ».

C’est utopique, je sais. Elle va en avoir, de la peine, pis c’est bon qu’elle en ait. C’est dans ces moments que l’apprentissage de la gestion des émotions se fait. Dans ma tête, je sais tout ça. C’est mon cœur de maman qui suit pas.

Quand elle est entrée à la garderie la première fois, j’étais nerveuse. Ça ne me tentait pas. Je la trouvais petite, elle avait encore besoin des bras de sa maman. Elle pleurait quand je la laissais. Moi aussi, en cachette d’elle, du monde. J’avais de la peine de laisser ma moitié. Parce que c’est ça que je fais, chaque jour. Laisser une moitié de mon cœur à la garderie, tous les matins.

On dirait que l’école, c’est un step de plus. L’écart d’âge entre les plus petits et les plus grands est plus… mature. J’veux dire, les plus grands de la garderie prennent souvent soin des plus petits. Les groupes sont plus petits. 10 vs 20-22 enfants. Puis tout ça se transpose dans la cours d’école. Parlant de ça.

T’sais les seuls mots gossants que j’ai géré c’est pipi, caca, pet. Avec l’école, viennent les mots de cours d’école pis on est à des années lumières des mots de toilette. Quand je disais que parfois, les enfants peuvent être méchants…

Je pense que l’indépendance qu’acquiert un enfant est toujours plus dure sur le parent que sur l’enfant. Il a moins besoin de nous, il veut faire les choses par lui-même. On se sent moins utile, mais ça le rend tellement fier. On dit souvent que l’inconnu fait peur. En même temps, c’est pas ça qui me terrorise. C’est le contraire. Je SAIS ce qui se passe à l’école. Y'a plein de belles choses, mais aussi, plein d’affaires comme l’intimidation, les difficultés d’apprentissage, l’anxiété de performance, l’influence des amis…

J’essaie de me dire que la meilleure chose que je peux faire pour ma fille, c’est de l’accompagner dans cette nouvelle aventure du mieux que je peux et de faire face à ce qui arrivera quand ça arrivera. C’est une petite fille intelligente, forte, sociable, généreuse, drôle et enjouée. Je veux entretenir une belle relation avec elle. Qu’elle soit capable de me parler parce qu’elle sait que je vais l’écouter, même quand ce qu’elle me dira ne me plaira pas tout le temps.

Je sais aussi qu’elle est prête pour l’école et qu’elle a hâte. Je l’encourage parce que je suis de celle qui a beaucoup aimé l’école. La connaissance est le plus beau cadeau que l’on peut offrir à un enfant. Je vais m’efforcer de lui transmettre cet amour de l’apprentissage plutôt que ma peur de grand.

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