Si vous n'avez pas lu la première partie, la voici.

Je suis sortie de la clinique démolie. Milk n’était plus avec nous. Nous sommes rentrés à la maison. Et je ne me sentais pas bien. Parce que ma belle et accueillante maison était soudainement trop grande et froide. Mon mari pleurait. Mes enfants avaient mal. Et pis je m’en voulais d’avoir même d’avoir mis un chien dans leur vie.

Gabi, le roger-bon-temps de notre famille, s’est mis à faire des cauchemars. Rose pleurait en silence en s’endormant. J’ai eu à réveiller mon mari pendant la nuit parce qu’il pleurait en faisant un cauchemar. Et moi, je voyais et j'entendais Milk partout. C’était un deuil vraiment difficile.

Et puis j’ai senti qu’il nous fallait faire tourner le vent.  Nous avions longtemps discuté d’avoir un deuxième chien, mais avions résisté, pensant que ce n'était pas dans l’intérêt de Milk de cohabiter avec un chiot… mais là, Milk n'était plus avec nous.

Et par pur hasard, j’ai vu une vidéo de deux chiots, dont un qui me faisait rire. Il avait une belle tête brune, comme Milk. Mais pas pareille comme Milk. J’ai appris qu’il était disponible pour adoption.  

Nous savions que les enfants voulaient avoir un autre chien, alors nous leur avons proposé de troquer le voyage à New York prévu pour la relâche contre ce petit chien. La décision leur revenait. Nous leur avons expliqué que la mort de Milk nous avait coûté des sous et que l’achat du petit chien était une dépense supplémentaire. Aussi, il fallait considérer qu’on ne peut pas partir en voyage deux mois après avoir adopté un chiot. Ça lui prend de la stabilité et surtout, notre présence.

Gabi, du haut de ses six ans, a dit : « Je vais en discuter avec Rose. » Les deux n’ont pas hésité : ils auraient d'autres occasions de voyager à New York, le petit chien, c’est maintenant que nous le voulions.

Nous leur avons dit de faire leur valise en vitesse, six heures de route nous attendaient. En chemin, nous avons discuté de l’importance d’avoir une connexion avec le chien. Si ce n'était pas naturel, nous poursuivrions nos recherches. Nous avions choisi de ne pas nous mettre de pression.

Je suis entrée dans la pièce avec une certaine fébrilité et le petit chien s’est dirigé vers moi puis s’est couché sur le dos pour se faire flatter. Doucement, il est allé voir Rose, Gabi, puis mon mari. Quand il est revenu me voir, je lui ai dit « je pense que tu vas aider à combler un bien grand vide », puis nous sommes repartis avec Goose.

Évidemment, je me suis sentie mal par rapport à Milk. Est-ce que nous le remplacions? Une amie m’a dit : « Ne vous sentez pas mal, vous faites seulement ne pas vous priver d’aimer une petite boule poilue. »  J’ai compris que des fois, pour réparer son cœur, il faut l’ouvrir à nouveau.

Nous avons décidé de faire une boîte de souvenirs de Milk que nous irons enterrer au chalet, l’endroit qu’il préférait (sur le chemin Milks — tout est dans tout, hen!). Nous pourrons nous y recueillir lorsqu’il nous manquera.

La peine est bien présente et nous en parlons souvent. Mais Goose apporte de la vie, de la joie et beaucoup d’amour dans notre maison. C’est un bon chiot, peste à ses heures, et ça provoque beaucoup de rires ici. Et c’est une belle façon de regarder vers l’avant, de peu à peu laisser partir Milk... 

Milk, nous t'aimons tellement.  Merci pour tout. Veille sur notre famille, là où tu peux nager à l'infini.

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