Et si je n’arrivais jamais à avoir d’enfants?

Crédit photo: Alessio Lin/Unsplash Et si je n’arrivais jamais à avoir d’enfants?

Question récurrente que je n’arrive pas à me sortir de la tête. Suite à la mort in utero de mon premier bébé, je tombais maintenant dans la catégorie de grossesses à risque. Je serais possiblement accouchée plus tôt que la date due par simple précaution. Je devais donc faire le deuil de mon enfant parti trop tôt ainsi que ces belles histoires de grossesses sereines. 
 
Je me faisais à peine à l’idée que je n’aurais jamais d’histoires embarrassantes de perte des eaux ou d’enfant qui « ne voulait pas sortir tellement il était bien dans le ventre de maman » que l’on m’annonce une autre mauvaise nouvelle qui ajoute des risques à une future grossesse. 

J’ai appris il y a quelques jours que j’avais des cellules anormales de haut grade qui devaient maintenant être traitées. Ces cellules sont connues depuis près de cinq ans déjà. Lors des tests précédents, elles étaient de bas grade (soit peu de risque de développer un cancer), donc aucun traitement n’était planifié. Soudainement, ces cellules sont plus dangereuses et je me retrouve avec un rendez-vous rapide pour un traitement LEEP. 
 
Alors que je planifiais ma prochaine grossesse, on m’apprend que ce processus affecte grandement le col utérin et qu’à la suite d’un tel traitement les fausses couches sont fréquentes. Il est recommandé d’attendre 1 an avant de planifier une prochaine grossesse. De plus, malgré l’attente d’un an, ce traitement augmente les chances d’accoucher prématurément d’environ 20 %.
 
Sachant cela, est-ce que je donne toutes les chances à mon futur enfant de vivre en santé? 
Suis-je prête à prendre le risque de perdre un deuxième enfant?
 
Je n’ai aucune envie de passer par la même expérience que la première fois. Mais, je n’ai aucune envie de passer ma vie sans enfant également. Tellement en conflit avec moi-même, je tente même de négocier avec ma propre santé. Et si je me permettais d’attendre, quels sont les réels risques de retarder neuf mois, ou plus, avant de faire traiter ces cellules précancéreuses? 
 
Mon côté rationnel sait que je dois écouter l’avis médical et faire le traitement pour éviter de développer un cancer. De plus, il vaut mieux attendre et enlever ces cellules pour me donner une chance de pouvoir concevoir des enfants et aussi m’assurer que l’enfant à venir ait une maman à ses côtés!
 
Mon côté irrationnel, lui, ne veut pas se donner des risques supplémentaires de perdre un autre enfant et se demande s’il ne vaudrait pas mieux essayer d’avoir un enfant tout de suite quitte à lui donner la vie en perdant la sienne…  
 
Dans tous les cas, ce sont des risques. Je risque de développer un cancer de l’utérus si je ne fais rien pour détruire ces cellules précancéreuses et je risque des bébés prématurés si je soigne cesdites cellules. Quel risque suis-je prête à prendre? 
 
J’ai beau me poser ces questions en boucle dans la tête, comme s’il s’agissait d’un choix à faire, je sais très bien que le traitement proposé est ma seule option. J’ai simplement de la difficulté à me faire à l’idée que mes seules expériences de grossesses seront des suivis serrés accompagnés d’anxiété. Je ne pourrai jamais avoir l’option d’accoucher dans le confort d’une maison de naissance. Ce qui m’attend à l’accouchement, c’est un lit d’hôpital, un cathéter dans le bras et une équipe médicale qui me surveillera de jour comme de nuit. Pas que ce soit une mauvaise chose! Mais, lorsque que les futures mamans de mon entourage me parlent de leur choix de sage-femme, je croise les doigts pour un jour accoucher d’un bébé en santé, peu importe comment il sortira. 
 
Je devrai donc attendre à l’année prochaine, si mes cellules précancéreuses sont bien disparues, avant de simplement penser à fonder une famille. Une chambre de bébé toute prête doit maintenant attendre que la vie me donne, peut-être un jour, l’opportunité d’être mère…

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