« Dis-moi ce que tu écoutes… »

Crédit photo: Natalie Perea/Unsplash « Dis-moi ce que tu écoutes… »

 
Secondaire 3, j’ai 14-15 ans. Âge où l’on a, pour la plupart, envie de faire « partie de la gang ». C’est aussi l’année, pour moi, où je commence réellement à m’impliquer dans des activités parascolaires : troupe de théâtre, spectacle amateurs, etc. C’est là que je me frotte aux « hots » de l’école que je prends un peu comme modèle. Bon, bien discutable comme façon de faire, mais quand même fréquent comme comportement!
 
Une chose en particulier me frappe alors : je ne connais aucunement la musique qu’ils écoutent! Pourtant, je viens quand même d’un milieu où celle-ci a une place importante, mais le verdict tombe : JE SUIS INCULTE. Comme on le fait souvent à cet âge, je fais comme si je connaissais, mais pour moi les termes Led Zeppelin, Deep Purple ou Jimy Hendrix sonnent une cloche…. mais pas ne déclenchent aucune musique!
 
Vite, du rattrapage! Mais on se rappelle que Apple Musique n’était même pas encore l’ébauche d’un projet. Pas aussi simple à trouver. Bref, je passe des mois à tenter de parfaire ma culture musicale. J’y fais de belles découvertes, mais, au fond de moi (c’est-à-dire « cachée dans ma chambre »), ce n’est pas nécessairement toujours ce que j’ai envie d’écouter…
 
Ce n’est que des années plus tard que j’ai compris que j’avais bel et bien un grand répertoire musical, juste pas celui de la masse. Que mes goûts musicaux n’étaient pas de moindre importance que ceux des autres. Que, finalement, je pouvais trouver vraiment « cool » de connaître autant la culture québécoise et française. Qui peut se targuer d’avoir chanté du Jean Lapointe ou du Gérard Lenorman, à tout vent, en se balançant derrière la maison? 
 
La culture dans laquelle on grandit est celle qui nous imprègne profondément. Qui nous berce. Qui nous rappelle des souvenirs qu’on souhaite heureux. Ça fait partie de notre bagage, de nos références familiales communes. Et c’est extrêmement précieux.
 
Je suis donc amusée et touchée lorsque je chante à tue-tête des tounes des Colocs avec mes enfants ou quand on se lance le défi de chanter toutes les paroles de La Manifestation des Cowboys Fringants sans que notre langue trébuche! Ils souriront sûrement, plus tard, en entendant ces pièces qui composent notre « playlist » bien à nous.
 
Je me dis que ce sera leur culture de base à eux.
Celle qui est la mienne.
Qui est devenue la nôtre.
 

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