Voyager seule, sans ses enfants, avec de la culpabilité en prime...

Crédit photo: picjumbo.com/Pexels Voyager seule, sans ses enfants, avec de la culpabilité en prime...

Je suis présentement seule, à l'aéroport Charles-de-Gaulle de Paris, à attendre sagement mon avion.  Pas d'enfants à gérer, pas de dégâts à nettoyer, pas d'envie de pipi à assouvir chaque minute. Et ça fait 9 jours que c'est comme ça, malgré le fait que je sois la maman de 3 délicieux enfants de 10 ans et moins. Un voyage imposé par le boulot, pour donner le coup d’envoi à un projet vraiment emballant dans lequel je suis impliquée à distance et qui peut avoir un impact significatif sur ma carrière.

Ça faisait plus de 10 ans que je n’avais pas pris l’avion. 10 ans que j’avais rangé mon passeport maintenant expiré, pour ne l’utiliser que pour remplir des documents importants. J’avais mis sur pause mon désir de découvrir de nouvelles contrées, parce que je n’avais plus les moyens de payer des milliers de dollars pour un billet d’avion, plus l’énergie pour affronter toute la préparation nécessaire pour voyager avec des enfants.  

Je ne vous dis pas à quel point j’étais un petit paquet d’anxiété à la puissance mille avant de partir, il y a 10 jours.  Je ne pouvais même pas comprendre comment ma famille allait pouvoir survivre sans moi, comment j’allais réussir à les laisser seuls pendant aussi longtemps. J’étais bien brave quand j’ai accepté de partir, mais plus le voyage approchait, plus j’avais envie de me désister et de rester bien confortablement blottie contre les petits corps tout chauds de mes enfants.
 


Crédit : Giphy

J’avais aussi mal anticipé la culpabilité que je ressentirais face à cette absence prolongée. Je sais que nous sommes en 2018, que la femme de notre génération est l’égérie du multi-tasking en puissance, qu’être mère ne nécessite pas que nous restions tout le temps collés sur nos enfants, que nous avons le droit d’avoir une vie professionnelle enlevante et riche d’expériences…  Mais une petite voix me chuchotait toujours que j’étais un peu mauvaise mère de le faire.

Et cette petite voix avait des échos un peu partout.  J’ai eu de longues et douloureuses discussions avec mes enfants qui ne comprenaient pas pourquoi je partais si longtemps sans eux au pays de leurs youtubeurs préférés, mes ami.es, famille et collègues qui s'extasiaient tellement bruyamment lorsqu’ils apprenaient que mon chum devrait s’occuper tout seul de notre famille nombreuse.  Quoi, seul pendant 9 jours avec 3 enfants? Mais comment fera-t-il? Impossible! Tu lui as préparé des soupers à l’avance? Et le lavage, comment s’y prendra-t-il?
 

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Je ne sais pas si j’aurais eu droit à la même réaction si les rôles avaient été inversés. Mais ça a eu l’effet sur moi d’un amplificateur de culpabilité. J’ai essayé de prévoir à l’avance, préparer de la bouffe congelée avant de partir, prévoir avec lui comment il s’y prendrait pour faire l’épicerie avec nos trois enfants dans les pattes (salut l’épicerie en ligne).  Mais honnêtement, ce n’était vraiment pas nécessaire, il a assuré grave, comme on dit de ce côté de l’océan.

J’ai hâte de revoir les miens, mais j’ai aussi hâte de me départir de cette petite voix coupable derrière les oreilles.  J’ai hâte de constater que mes enfants sont en santé, qu’ils vont bien, et que je ne les ai pas traumatisés pour la vie avec mon absence prolongée (salut l’exagération).  J'ai déjà hâte au prochain voyage, qui je l'espère se déroulera sans petite voix.

 

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