La vie nous avait fait un beau cadeau.

Même si le médecin nous avait dit que les chances de pouvoir avoir un deuxième enfant étaient minces, j’étais enceinte quelque mois après le retrait de la tumeur de mon chum (l'histoire ici).

Ça fesse fort quand c’est réel. Je commençais à angoisser. Même si c’était voulu, est-ce que je voulais vraiment ce bébé? Est-ce que j’étais prête à me réembarquer là-dedans 8 ans après ma première grossesse? Une partie de moi était tellement contente de ce miracle et une autre avait tellement peur de plonger.

Premièrement, en 8 ans j’avais setté mon clan. On avait notre beat de vie. Est-ce qu’ajouter un humain à la famille allait briser la routine, les habitudes, les libertés? J’avais tellement eu de la difficulté à trouver le juste milieu entre la mère et l’amante... est-ce que mon couple allait survivre à ce changement?

Deuxièmement, je stressais pour l’accouchement. Allait-il être aussi difficile (ou pire) que le premier? Qu’est-ce que je pourrais faire pour que l’expérience soit plus agréable, sans épisiotomie, sans complications? Est-ce que l’allaitement aller fonctionner cette fois-ci? Et, mon corps, lui, allait-il en prendre un coup?

Troisièmement, est-ce que j’allais l’aimer autant que ma grande fille? Comment j'allais faire pour me séparer en deux et répondre en simultané aux besoins de chacun? Est-ce que ma grande allait se sentir rejetée? 


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Je me sentais tellement coupable d’avoir cette remise en question pendant que tout le monde autour de moi sautait de joie.

Ces questionnements roulaient en boucle dans ma tête et je voyais bien que ce n'était pas sain. Enceinte d’un mois, je suis allée voir ma doc pour lui parler de mon angoisse et elle m’a conseillé de consulter un psychologue hebdomadairement. J’avais honte au début de demander de l'aide. Je pensais à tout.e.s ces couples.femmes.hommes.humains qui rêvaient d’avoir des enfants et qui en étaient incapables… Je me sentais nulle de ne pas crier de joie, c’était le plus beau des cadeaux, non?  
Or, cela m’a tellement fait de bien d’en parler.

Avec l’aide de ma psy, j’ai compris que j’avais peur du changement. J’avais peur de m’abandonner à la vie, de vivre le moment présent. J’avais peur d’être confrontée à un scénario que je n’avais pas prévu. Planifier tout me permettait d’éviter d’être en contact avec mes sentiments. Lâcher prise était une forme de perte de contrôle et cela me créait des insécurités. Je me gossais tellement. Pourquoi j’étais comme ça grrr?!! #DécrocheFille

J’ai réalisé aussi qu’au fond de moi, je voulais cet enfant plus que tout. Je me suis donc donné comme objectif de vivre ma grossesse pleinement, au jour le jour, sans penser (trop) à mon accouchement ou à l’après ou à tout ce que je ne pouvais pas contrôler. Ça ne servait à rien de stresser. J’allais le gérer on the spot. C’était facile à dire, mais pas facile à faire! Une chose est sûre, c’est qu’en parler à quelqu'un a été une sorte de délivrance.

Avec du recul, quand je regarde mon parcours, je vois bien que j’angoissais pour rien. Maintenant, je travaille mon lâcher-prise quotidiennement et ce n’est pas facile, mais c’est tellement satisfaisant quand je réussis! #GOGIRL
 

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Je me suis rendu compte que beaucoup de femmes avaient des remises en question en apprenant leur grossesse (ou pendant) et la plupart n’en avaient jamais parlé, car elles en avaient honte. Honte de voir tout le monde heureux autour de soi et d’avoir l’impression que tout va trop vite.

Enceinte, avez-vous angoissé à l'idée d'être mère?

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