Je ne sais pas quelle idée m’est passée par la tête, mais j’ai décidé de lire les commentaires avant de lire l’article L'infertilité pourrait-elle devenir une maladie au Québec?Pourtant, je sais que c’est un sujet qui me touche trop pour que je reste neutre face aux commentaires de ceux qui ont eu le privilège de naître et de rester fertiles.

Je crois que pour comprendre l’infertilité, c’est comme pour le cancer, il faut le vivre pour le comprendre. Sinon, il est possible d’avoir de l’empathie (ou pas) pour ceux qui vivent ce drame. Souvent par ignorance, mais aussi, parfois par amour, les commentaires qu’une personne ou un couple, qui doivent faire appel à la médecine pour pouvoir peut-être devenir parent(s), sont trop souvent blessants.

J’aurais beaucoup de choses à dire sur plusieurs jugements et idées basées sur du vent, mais je crois que je manque de recul pour répondre avec sagesse. Même plus de 4 ans après la dernière piqûre, la dernière capsule et le dernier petit début d’humanité que mon corps n’a pas su garder au chaud assez longtemps, le sujet reste une blessure qui cicatrise tranquillement.

En revanche, les nombreux commentaires, qui suggèrent l’adoption comme solution miracle à toutes familles désirant prendre de l’expansion malgré le message de l’univers disant que la parentalité n’est pas pour eux, m’inspirent quelques explications et mises au point qui me semblent essentiels. Je suis pas mal certaine que les personnes derrière de tels commentaires ne sont pas des parents qui ont eu des grossesses de coeur...

Après un parcours très difficile en clinique de fertilité, j’ai pris le temps de pleurer et de vider mon corps de son surplus d’hormones. Presque tout de suite, j’ai compris que pour moi, le deuil de la grossesse était assez facile, mais le deuil de la maternité était impossible. J’ai fait des recherches et découvert que je pouvais adopter à l’international ou passer par le processus des familles d’accueil banque mixte pour accueillir un enfant que je pourrais adopter ou accueillir avec un placement à 18 ans. J’ai commencé par le processus de famille d’accueil en me disant que ça serait le plus simple. Malheureusement, j’ai fait ma demande dans une période de restructuration importante et les délais n’ont fait qu’augmenter sans pouvoir me garantir d’être acceptée. Je me suis donc rendue jusqu’en Chine pour devenir la maman la plus comblée de l’univers. Et puis, deux ans plus tard, un nouveau miracle a permis à un petit coco du Québec de venir se joindre à nous. Une histoire qui se termine bien…

Le jour de la rencontre entre l'enfant et sa nouvelle famille est un peu la fin de deux histoires et beaucoup le début d'une aventure pleine de bonheur, de difficultés, de surprises (bonnes ou mauvaises), d'inquiétudes, de deuils et de réussites. Comme dans toutes les nouvelles familles?? Eh non!! L'adoption ne sera jamais la réponse à toutes les familles parce que devenir parents de coeur est vraiment difficile et demande certaines qualités humaines qui ne sont pas données à tous. Et même bien préparée et consciente des obstacles que je pourrais rencontrer, vivre le quotidien avec des enfants qui arrivent avec un passé inconnu et des options supplémentaires est la chose la plus belle et la plus difficile que je vivrai dans ma vie.

Pour des raisons administratives et budgétaires, des familles ne seront pas créées et les adultes de demain ne viendront pas au monde...

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