Vivre chacun chez soi : mais quelle bonne idée!

Crédit photo: Unsplash Vivre chacun chez soi : mais quelle bonne idée!

Je suis séparée du père de mes enfants et en amour avec un (plus si) nouveau chum, qui a lui-même deux grandes filles. Mais elles n'habitent plus chez lui, alors ce serait facile de considérer un move d'emménager ensemble.

Ça serait logique économiquement, on s'entend. Pas besoin de faire des équations complexes dans ma calculatrice mentale pour voir que c'est vraiment tentant. Mais. Depuis les mois qu'on est ensemble, je découvre les vertus de vivre chacun chez soi :

- Quand on se chicane, on peut aller se décanter dans notre espace, dormir là-dessus en étoile dans notre lit respectif. Invariablement, on se réveille en se textant des messages de réconciliation. Mais au moins je ne m'endors jamais fâchée à côté de mon partenaire, avec un océan de frette qui nous sépare, ce qui, dans l'temps, m'assurait une nuit d'insomnie et une mauvaise humeur augmentée le lendemain matin!

- Je ne me ramasse pas alors que lui c'est monsieur Spick and Span. Dans mes autres couples, les tâches ont toujours été source de chicane. Alors qu'ici, c'est chez moi, il m'aide si ça lui tente mais il peut aussi lâcher prise. Il est responsable de sa vaisselle. Je suis responsable de (laisser traîner) la mienne. Ce n'est pas qu'on ne s'aide pas, mais c'est de bon coeur et sans ajouter un poids à notre charge mentale.

- Je suis en garde partagée. J'aime quand il est là avec les enfants, ça m'aide beaucoup, c'est une autre énergie, mais j'aime aussi passer du temps de qualité seule avec elles, dans notre bulle à trois. Des soirées de filles, comme dit ma grande. Alors on se fait un horaire qui équilibre le tout. 

- On se voit quand on a vraiment envie de se voir, il n'y a pas d'obligation. Si on se sent moins disponible, moins connecté à l'autre, on n'a pas à dormir dans le même lit. N'empêche que le plus souvent on s'invite à dormir chez l'un et chez l'autre. C'est sûr que ça vient avec de la logistique, qu'on essaie de limiter en laissant du linge de part et d'autre. Et une brosse à dents of course! 😉

- À ma séparation je ne savais plus du tout qui j'étais, moi, mes goûts, mes envies, les émissions que j'écouterais si j'étais seule, la musique que j'aime. Du Céline, bon. Être chacun chez soi me permet de poursuivre ce processus de me redécouvrir et de maintenir mon identité sans qu'elle merge dans une entité de couple à temps plein. Pendant que je passe une soirée relaxante à écouter des téléréalités, il se détend chez lui avec des films de pow-pow-t'es-mort. Quand on se retrouve le lendemain après ce me time, on est ben contents.

- Je suis vraiment amanchée tout croche quand il n'y a pas de regard de l'autre, et ça me fait un bien fou. Je me dis que je prendrai ma douche demain matin, je me fouille dans le nez sur le sofa, je fais des pets qui puent, bref, mon espace seule me permet de fuir toutes les obligations de performance et de joliesse que, veux veux pas, même si je veux déconstruire tout ça, j'ai quand même intégrées. C'est ben reposant.

Fak' en attendant que je gagne à la loterie et qu'on se construise une maison avec chacun une aile comme dans l'Île des gauchers d'Alexandre Jardin, mettons que le chacun-chez-soi a de formidables vertus. Pour moi, en tout cas, c'est une situation win-win qui me permet de m'épanouir. Et pour tout le reste, il y a Master Card.
 

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