Rompons le silence sur les accouchements non-respectés! Partie 2/2

Rompons le silence sur les accouchements non-respectés! Partie 2/2

TW : Violence obstétricale

Dans le cadre de la Semaine mondiale pour l’accouchement respecté, nos collaboratrices ont accepté de témoigner de moments lors de leur accouchement ou elles se sont senties non-respectées ou violentées. Elles relatent les événements tels qu’elles les ont perçus. Ce texte comporte des témoignages parfois graphiques qui pourraient choquer certain.es. Aussi, puisque 97% des accouchements au Québec se déroulent en milieu hospitalier, les histoires impliquant des infirmières ou des médecins sont surreprésentées dans ce texte. C’est pourquoi nous tenons à réitérer notre solidarité envers les infirmières et le personnel soignant qui travaillent dans des conditions exécrables et dont la lourdeur des protocoles ainsi que le manque de personnel et de ressources nuisent à la pleine disponibilité.

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Pour la première partie de ce texte, c’est ici.

« L’infirmière qui m’a répondu vraiment bête quand j’ai demandé si je pouvais avoir quelque chose pour essuyer le sang par terre quand je suis arrivée dans ma chambre après l’accouchement.

Elle m’a répondu ;  "c’est parce que j’ai cinq autres patients!" ou quelque chose comme ça. J’avais demandé très gentiment… »

« À mon deuxième accouchement :

  • Une prise de sang PENDANT une contraction, dilatée à 8 cm. Elle m'a dit, alors que je tentais de gérer la douleur ET un vomissement de douleur, de ne pas bouger... Elle voulait vraiment que je prenne la péridurale, mais ça me tentait moyen.
  • J'avais une très forte poussée naturelle et donc, évidemment très envie de sortir un étron. J'en étais très gênée et pour relâcher un peu de stress, je l'ai dit tout haut. Pour remédier à la situation, l'infirmière a décidé d’appliquer toute sa main sur mon anus et pousser dessus. PIRE TOUCHER DE MA VIE. En pleine contraction, complètement dépassée par la douleur et la sensation hautement intrusive de sa main, je lui ai dit de l'enlever. Elle a insisté. Alors j'ai crié pour qu'elle l'enlève. Elle était vraiment contrariée. J'ai pas de mot pour exprimer à quel point je me suis sentie mal, dégoûtée et horrifiée par ça. J'y repense et j'en ai encore un mal de coeur 11 mois plus tard.
  •  Elle était si contrariée en fait que, dans l'unique poussée où mon bébé de 8lbs est sorti (à frette), elle m'a dit de ne pas crier.
  • La docteur n'a pas voulu rompre mes membranes quand j'étais dilaté à 10 (et à peu près plus capable de gérer la douleur) parce qu'elle avait encore de la paperasse à remplir et que si elle brisait mes eaux, j'allais accoucher immédiatement. Alors elle est repartie. (pour être appelé d'urgence 5 minutes plus tard et me dire de ne pas pousser).

Bref... pas un super accouchement… »

« Je me suis rendue à l’hôpital à 32 sa convaincue de perdre du liquide. J’ai été reçue par une infirmière un peu hautaine. Pas de perte de liquide, je retourne chez nous. 35 sa j’ai des contractions aux 3-4 minutes depuis 1h. J’appelle la maternité pour dire que je m’en viens, mais je tombe sur la même infirmière. J’ai un nom particulier, elle se souvenait de moi. Elle me dit qu’à 35 sa, ils vont me retourner chez moi. Je vis à 1h15 de l’hôpital. Fuck off je m’y rends! La même infirmière m’accueille avec un air voulant dire que je lui fais perdre son temps. Finalement j’étais dilatée à 5 et coco est né 45 minutes plus tard! La face de cette infirmière valait 1000$ quand la gynéco lui a dit que j’accouchais ce soir-là! »

« Accouchement numéro 2. J'ai été provoquée. Je n'étais pas dilatée du tout. Bébé n'était pas descendu non plus. Le travail était quand même long. Après 8h de travail, deux infirmières sont arrivées dans ma chambre avec un graphique. Elles se sont mises à discuter devant moi que, selon le graphique et vu que c'était un deuxième bébé, je devrais normalement avoir déjà accouché. Je me suis alors mise à angoisser. »

« J’ai été hospitalisée a 32,4. Premièrement, certaines infirmières n’avaient pas l’air de me croire vraiment quand je leur disais que j’avais des contractions. Elles ont fini par me donner un bouton pour que je clique chaque fois que j’en avais une. Le travail continuait d’avancer malgré la médication, mais il paraît que c’était dans ma tête. Heureusement, une perle a fini par arriver en me disant : « mais mon dieu, comment ils vous ont installée? On va essayer de vous rendre ça plus confortable! » Elle m’a enveloppée dans un cocon oreiller et de couverte et j’en aurais pleuré de joie si j’étais pas si fatiguée. Mais le pire, vraiment le pire, c’est que la deuxième nuit, même si j’avais des contractions très rapprochées et que la médication ne faisait pas effet, les infirmières n’ont jamais voulu que mon mari passe la nuit avec moi. Je suis du genre à vraiment respecter les règles dans la vie, mais là c’était tellement cruel. J’étais stressée, angoissée, je risquais d’accoucher à tout moment prématurément sans pouvoir voir mon bébé et en plus, on m’enlevait mon chum. Sérieusement, je me suis jamais sentie aussi seule. »

Crédit photo : Sydney Sims/Unsplash

« Pour moi ce fut l'après-accouchement de ma première qui fut traumatisant. J'ai été transférée d'urgence, j'ai dû essayer de retenir les poussées dans l'ambulance, elle est sortie de justesse avec les forceps. Mais sa vie était en danger faque pour moi tout ça est ok. Mais après je me suis mise à grelotter, il y avait trop de lumière et trop de gens dans cette salle, on avait envoyé le papa remplir les papiers, j'étais seule, jambes ouvertes, et un homme est arrivé pour me recoudre en évitant tout eye contact et sans dire bonjour. Là j'aurais voulu une couverture. Qu'on tamise les lumières. Qu'on attende pour les papiers. Qu'on me dise bonjour avant de me recoudre. »

« Vers 16h, dernier jour de mon accouchement, j'en suis à 26 heures de travail actif, plus de 3 heures de poussées, et là, c'est le changement de shift. Des infirmières entrent dans la chambre, avec leurs deux stagiaires, et elles commencent à discuter avec les deux infirmières qui étaient déjà là des heures de pauses des unes et des autres, alors que moi je me tords de douleur et tente de me concentrer. Il y a aussi le médecin avec une résidente, ça se parle d'un bord à l'autre de la pièce, et moi j'ai juste crié : CHUUUUUUT! (pour ne pas dire "vos yeules"). C'est difficile parce que je comprends le clash de réalité qui existe entre elles, qui travaillent là au quotidien et pour qui les pauses et changements de shifts sont importants pour vrai, et moi, qui est en train de donner la vie. »

Si vous avez vécu un accouchement traumatisant ou non-respecté et que vous avez besoin d’aide psychologique, les centres de resssources en périnatalité de votre région peuvent être un bon point de départ.

Pour toutes les activités en lien avec la SMAR, c’est ici

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