8h30, un matin de semaine. La salle d’attente aux murs blancs trop immaculés est bondée, les regards qui se croisent sont furtifs, nerveux, pleins d’espoir. Bienvenue à la clinique de fertilité du CUSM!

Je prends mon petit billet et j’attends pour m’enregistrer à l’accueil. Un billet de loterie qui pourrait me faire gagner le jackpot. Avec un peu de chance, un petit bébé sortira de mon ventre dans quarante semaines! La réceptionniste commence à bien me connaître, je n’en suis pas à mon premier cycle d’essai. Grands sourires, un « bonne chance » bien senti et l’attente commence.

Dans le salle pleine à craquer, chacun.e essaie tant bien que mal de se trouver une petite bulle. De la mienne, je ne peux m’empêcher de regarder autour de moi et de tenter de mettre une histoire sur les visages. Peut-être pour me désennuyer, peut-être pour me sentir moins seule.

Autour de moi, des couples hétérosexuels, des couples homosexuels, des femmes seules. Autant de modèles de familles que de parcours différents en fertilité. Ce qui nous unit? Le désir viscéral d’avoir un enfant.

Et moi, comment je me sens là-dedans? J’ai hâte, juste vraiment hâte. Je suis tellement contente d’être assise ici; c’est une étape de plus vers la grossesse. À chacune des étapes, je suis juste trop contente. Je jubilais presque quand, en début de processus, une infirmière me faisait une prise de sang pour les premiers tests. Elle se confondait en excuses de devoir s’y prendre à plusieurs reprises. Moi, avec mes veines fuyantes, je souriais et je me laissais faire.

On m’appelle, c’est finalement mon tour! Comme je suis déjà familière avec le processus, je déshabille le bas de mon corps et m’installe le plus gracieusement possible sur la table et ses étriers. Le médecin se présente brièvement, confirme mon identité. Me demande si je comprends bien la portée de son geste médical (on parle ici de l’injection de spermatozoïdes). Oui docteur, je comprends et je consens!

Une minute plus tard, c’est fait! Le docteur me donne pratiquement une petite tape sur la fesse pour que je me lève et je me rhabille pour laisser la place à la suivante.

Chop chop, je suis sortie de la clinique. Je prends quand même une seconde pour respirer, retrouver mes esprits. Et comprendre ce qui vient tout juste de se passer; il y a quand même un enfant qui pourrait émerger de tout ça. C’est une prise de sang dans seize jours qui le confirmera, ou non.

Est-ce que votre expérience en clinique de fertilité ressemble à la mienne?

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