Le cadran sonne même s’il fait encore noir. Un peu confuse, je sors du lit et je me demande ce qui se passe. Ah oui. Le travail. C’est fini le congé de maternité. On recommence la folie du quotidien métro-boulot-dodo. Mais on ajoute à ça deux enfants. 

J’ai eu la « chance » d’avoir un long congé de maternité: 15 mois et demi. Il faut dire que sur ces quinze mois, on en a passé plusieurs à l’hôpital. Puis, ce sont les rendez-vous médicaux qui se sont succédé. Mais quand l’été s’est pointé le nez et que bébé a commencé à dormir dans son lit, les jours sont devenus beaucoup plus doux. 

Parce qu’on va se le dire, nous sommes chanceuses ici, au Québec, d’avoir accès à cette pause familiale. Et que même si c’est une montagne russe de beau et de difficile, de souvenirs et d’isolation, de défis et d’apprentissage, c’est aussi une rare pause dans une vie professionnelle. 

C’est un peu ce qui m’a frappée tout d’un coup lorsque mon congé s’est terminé: je n’aurai plus jamais de pause de plus de quelques semaines consécutives. Et ce, jusqu’à ma retraite. Ayoye

Mais retourner au bureau, c’est aussi bien le fun. On revoit nos collègues et amis. On boit du café chaud. On va aux toilettes sans se faire suivre (j’espère!). 

Il faut quand même avouer que ça entraîne aussi quelques défis:

1- Exit les leggings et les petites brassières molles, c’est le temps de recommencer à s’habiller en adulte. C’est aussi le moment où on se rappelle à quel point des pantalons avec des boutons, ce n’est pas aussi confo que des beaux pantalons de joggings.

2- C’était quoi, déjà, mon mot de passe d’ordinateur? Et le logiciel que j’utilisais tous les jours, il s’ouvre comment, déjà? Il y a vraiment une période d’adaptation lors du retour. De nouveaux visages, de nouveaux projets. Des insides jokes qu’on ne comprend pas et sûrement une ou deux nouvelles directives corporatives. Je ne vous souhaite pas un nouveau photocopieur.

3- Travailler, c’est dont bien fatiguant! Les premières journées sont épuisantes, vidantes. C’est fou comment passer une journée à interagir avec d’autres humains adultes, ça gruge de l’énergie. 

4- Le temps se mets à défiler à une vitesse vertigineuse. Les fins de semaine passent en coup de vent et la routine du quotidien nous rattrape, sans qu’on ne le veuille vraiment. Aussi, je dois passer environ 20% de ma vie à me demander ce qu’on va manger pour souper. 

5- La vie sociale et les activités en prennent un coup. Maintenant que je vois mes enfants que quelques heures par jour, j’ai bien de la difficulté à prévoir des activités avec les copines les soirs et fins de semaine. Je sais que je vais retrouver un rythme de croisière éventuellement, que je retournerai au yoga et que je ne me sentirai pas mal d’aller bruncher, mais pour l’instant, c’est définitivement la chose de trop dans mon verre déjà trop plein. Et les sorties en amoureux? Ça reviendra, ça reviendra. 

Mais honnêtement, même si je m’ennuie comme c’est pas possible de mes enfants et que je prendrais bien quelques petits après-midi doux et tranquilles à la maison, je suis bien contente d’être de retour au travail. 

Comment s’est passé le retour pour vous?

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