Il n’y a pas si longtemps, une collaboratrice a publié un article qui marque les différences entre la mère qu’on s’est fabriquée dans notre tête et celle que l’on est. Les autres collaboratrices de TPL Moms ont contribué en y allant de leurs vécus. Pour ma part, je ne voulais pas être cette mère qui avait toujours son enfant collé sur elle, celle dont l’enfant ne réclame que les bras de sa maman. J’avais, à ce moment, choisi de me taire en me disant que ça avait le temps de changer avec l’arrivée de mon deuxième enfant. Six semaines plus tard, je dois me rendre à l’évidence : j’ai créé des bébés à bras.

J’ai brisé cette promesse rapidement, exactement un peu plus de trois heures après l’accouchement de ma première. On s’apprêtait à me transférer de la salle d’accouchement à ma chambre, on m'a demandé gentiment de laisser papa prendre le bébé, le temps que je puisse m’asseoir dans le fauteuil roulant. Non. Il était hors de question de décoller cet enfant de moi. On m'a redemandé de donner le bébé à papa. Non. Peine perdue, je laisse bébé à papa avec les bras ouverts, prête à reprendre cet enfant aussitôt mes fesses posées sur le fauteuil. Durant un an, j’ai gardé cet enfant dans mes bras, la laissant faire le plus de siestes possible sur moi, en la berçant beaucoup plus longtemps qu’il ne le fallait la nuit.

Et je me suis maudite de l’avoir autant collée sur moi lorsqu’on sortait quelque part et qu’elle refusait de dormir, lorsque la seule façon qu’elle arrive à dormir en camping était de faire du cododo et lorsque j'ai de la difficulté à faire quoi que ce soit parce qu'elle veut se coller.

Armée de mon savoir et de mon apprentissage de la première année, je me suis dit que je ne répéterais pas le même pattern avec la deuxième. Oups. À bientôt deux mois de vie, ma fille ne touche pas plus le sol que sa grande soeur; elle est la plupart du temps dans mes bras et je la berce encore plus longtemps que je ne le devrais, profitant des moments où elle est profondément endormie sur moi.

J’ai sorti le porte-bébé, prête à attaquer les moments où je vais avoir besoin de mes bras. J’ai refusé d’apprendre et j’ai décidé de me coller. Même si je sais que je vais encore me maudire dans quelques mois, je vais me coller sur mes bébés à bras que j’ai créés.

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