Mais qu’est-ce qui se passera, après? Beaucoup se posent la question, mais la réponse est encore un peu floue pour l’économie, la santé, les voyages, les études, et cetera. À plus petite échelle (toute petite), je regarde ma fille et je me pose la question: qu’est-ce qui se passera, après, à très court terme, pour elle?

Voilà plus de deux semaines que nous sommes à la maison, moi en télétravail et son papa est présent 60% du temps. J’ai devant mes yeux une jeune fille de deux ans (et demi) resplendissante, débordante d’énergie, qui gagne de l’autonomie chaque jour. Comme la fille de Pauline, ma fille de deux ans n’a pas besoin de choses extravagantes. Elle est comblée par ses crayons et ses avions en papier, les boules de neige et les chatouilles.

Son comportement est différent, et je le vois bien que c’est la routine plus tranquille qui lui fait un bien fou. Qu’elle prenne 20 minutes pour mettre son manteau? Oui, je vais m’en plaindre un peu, lui dire de s’activer, mais elle ne se fera jamais autant presser que les matins de semaine. Les repas sont longs, très longs. Mais la nourriture est presque toute ingérée, sans dégât, sans chignage. Elle choisit son linge le matin, et passe des minutes à rire lorsqu’on tente d’essayer de l’habiller. Toute seule, maman! Et alors? Je n’ai plus à lui dire de se dépêcher parce qu’on doit partir.

Et encore, j’ai la chance d’avoir un emploi avec un horaire variable et ma fille bénéficie de la situation avec des longues minutes de colleux le matin, des éclats de rire et pas trop de demandes de se dépêcher. J’ai déjà oublié comment je faisais, il y a un an, pour arriver au travail à 7h59 sans faute tous les matins…

Bref. Prendre le temps, ça fait du bien. À moi aussi. Même si je jongle avec le travail à distance et une fillette qui ne veut que jouer.

Depuis quelques jours, les nuits sont plus paisibles, les siestes plus longues, les crises à la terrible two beaucoup plus rares. J’avais fait le même constat dans notre congé de deux semaines pendant les Fêtes. À la maison, ma fille parle sans arrêt. Lorsqu'elle va à la garderie, l’éducatrice me répète chaque semaine qu’elle est la silencieuse du groupe, celle qui joue un peu plus seule, qui ne veut pas déranger. Même si elle a l’air heureuse de jouer avec ses amis, je ne peux m’empêcher de me demander pourquoi cette si grande différence de comportement.

Et avec les semaines - voire mois - qui vont suivre, je m’inquiète un peu du retour à la garderie, à la routine, avec beaucoup d’amis, beaucoup de bruit, du stress et, peut-être, de l’anxiété…

Qu’est-ce qui se passera, après? Vivra-t-elle les hauts et les bas des éducatrices et des parents anxieux, stressés par les restrictions budgétaires, l’imprévisible virus qui pourrait nous hanter à nouveau et nous confiner entre nos quatre murs? Les nuits et les siestes recommenceront-elles à être mouvementées? Sera-t-elle pleinement heureuse ou est-ce qu’elle écopera en raison de nos réalités d’adultes?

En attendant, je profite de notre quarantaine, qui durera vraisemblablement plus que 40 jours, pour faire le plein d’amour. Pour elle, pour moi.

Et mon doux que ça fait du bien.

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